Hadopi 2 : Copé craint faussement l'obstruction parlementaire

Là, Copé peine 95
Dans un point presse hier soir, Jean-François Copé, a lui aussi eu écho du risque d’enlisement calendaire du projet Hadopi 2. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a demandé « solennellement » au PS à faire preuve « d'esprit de responsabilité » sur Hadopi 2. « Je m'inquiéterais de voir les socialistes repartir sur des tentations d'obstruction sur un texte comme celui-là. C'est la dernière ligne droite, les artistes, auteurs, compositeurs et interprètes, tout le monde de la création française est mobilisé pour que ce texte soit enfin l'élément régulateur qui puisse lutter contre le téléchargement illégal. Je souhaite de tout coeur que les socialistes n'engagent pas une bataille de procédure avec pour objectif de bloquer l'adoption de ce texte »

jean françois copé pascal negre
Jean-François Copé, Pascal Nègre et Thomas Dutronc (Photo PC INpact)

Copé surfe donc sur une vague facile qui consiste à faire croire qu’être contre Hadopi 2, c‘est être contre les artistes. Il oublie ainsi que 10 000 professionnels travaillant dans le secteur avaient signé une pétition en faveur d’Hadopi 1, un texte qui fut pourtant décapité au Conseil constitutionnel pour violation de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

Doit-on en déduire que les artistes sont liberticides, en suivant la logique Copéienne ?

Quoi qu’il en soit, Copé veut que le texte soit donc rapidement et si possible « conforme » à la version du Sénat. De manière à éviter la réunion de la  Commission mixte paritaire.

Or, et Copé le sait, ceci est une impossibilité manifeste : son collègue Fanck Riester, rapporteur UMP d’Hadopi, a proposé des amendements modifiant la version du Sénat (un exemple). Et donc, la commission mixte paritaire sera bien réunie dès lors qu’un seul de ces amendements sera voté. Or, on voit mal le gouvernement et Riester s’opposer à ses propres textes. Du coup, on comprend un peu mieux le message posté sur le tweet du PS Benoit Hamon , en réaction à ce point presse :

benoit hamond
Par Marc Rees Publiée le 16/07/2009 à 11:44