LOPPSI : le fichier Périclès utilisera les sources ouvertes du web

Pic de fréquentation sur Freenet 114
Le projet LOPPSI (projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) va autoriser et faciliter le croisement des fichiers à grande échelle pour traquer des suspects ou faciliter la collecte de preuves lors d’infractions. Dernière nouveauté en date, le fichier s’alimentera également sur les sources ouvertes sur Internet.

Le fichier d’analyse sérielle nommé également Périclès ou AJDRCDS (Application judiciaire dédiée à la révélation des crimes et délits en série) sera un puissant moteur de recherches des ressources environnementales à une infraction, lors celle-ci sera punie d’au moins cinq ans de prison. «Alors qu'avant l'enquêteur devait éplucher chaque fichier, chaque dossier, quasiment manuellement. Nous n'aurons plus à attendre deux semaines qu'un opérateur de téléphonie daigne nous transmettre les éléments », se réjouit un commissaire de police qui témoigne dans les colonnes du Figaro. Le fichier sera alimenté par les fichiers préexistants, mais également les bases de données d’autres administrations, celles d’opérateurs privés de téléphonie ou de banque via un système de réquisition accéléré.

GPS, fisc, mobile, internet, CB, etc.

Le Figaro cite un scénario : le gendarme habilité pourra à l’aide de cette base de données demander par exemple la liste de tous les mobiles qui ont passé un appel à partir d’une borne située sur le lieu d’une infraction, les références GPS des voitures en circulation dans les alentours, les numéros de CB utilisées pour payer ou retirer de l’argent, le tout croisé avec tous les fichiers possibles comme ceux détenus par les autres administrations et tous les opérateurs privés...

Pas que des amis sur Facebook

Mais ce n’est pas tout puisque Périclès ira aussi puiser sur toutes les « sources ouvertes » sur Internet, précise le Figaro dans un second article : Facebook, Google, Myspace, etc. seront exploités à plein régime pour cerne un nom, un lieu, un évènement et ratisser jusqu’au maigre indice. Et là impossible de ne pas faire le pont avec le système Hérisson, qui exploite lui aussi les sources ouvertes d’Internet, sur le web visible comme le web invisible... (Hérisson pour « Habile Extraction du Renseignement d'Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées » de la Délégation Générale pour l'Armement, notre actualité).

Ce traitement automatisé de grande ampleur est codifié aux articles 10 et 11 du projet LOPSI. Selon les indications introductives, « l’objectif poursuivi par le projet de loi est d’étendre l’utilisation des fichiers de police judiciaire à la lutte contre la délinquance la plus nombreuse et la plus répétée pour permettre aux officiers de police judiciaire de bénéficier des nouvelles capacités de rapprochement et de traitement de la sérialité.». Pourront avoir accès à ces données des personnels spécialement habilités et individuellement désignés de la police et de la gendarmerie nationale, les magistrats du parquet et les magistrats instructeurs et les agents des douanes, habilités individuellement. Un magistrat référent sera en charge du contrôle de ces fichiers.

Ces traitements concerneront aussi bien les suspects que les victimes et il n’y aura aucune limitation d’âge particulière. Autant dire que Périclès saura creuser profondément dans la vie privée de chaque citoyen.
Par Marc Rees Publiée le 22/06/2009 à 17:10
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