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Interview de Christian Engström (Parti des Pirates suédois)

Suédois ou suer droit

Christian Engström parti Pirate SuédoisChristian Engström, 49 ans, est la tête de liste du Piratpartiet ("Parti des pirates") suédois, parti qui est en passe d'obtenir un siège pour les élections européennes de juin prochain. Cédric Garrofe, vient de réaliser une interview de cet informaticien qui brigue une place devant les institutions européennes représentatives. Il nous en offre l’exclusivité avant la publication sur son blog(Photo Lars Johansson)

Vous êtes lancés dans les élections au Parlement Européen du 4 et 7 juin, pourquoi avoir fait le choix d’être candidat ?

J’ai le sentiment que la liberté sur Internet et nos libertés fondamentales sont menacées aujourd’hui et je veux faire tout mon possible pour les défendre. Ce combat se livre aujourd’hui à Bruxelles.

Les responsables de ThePirateBay.org ont été reconnus coupables et condamnés à une peine d’un an de prison en plus de lourds dommages et intérêts pour la promotion de la violation des droits d'auteur dans cette affaire nationale. Quelle est votre opinion sur ce verdict ?

Il est totalement injuste, prononcé par un juge partial, ce qui en définitive ressemble à un simulacre de procès. En outre, un an de prison et 3 millions d'euros de dommages-intérêts sont complètement déraisonnables pour l'assistance dans le partage de trente-trois fichiers.

Est-ce que l’accès internet est un droit fondamental ?

Oui l’accès à Internet est un droit de l’homme, au même titre que le droit d’utiliser  le téléphone ou lire des journaux. L’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui est s'applique et prévaut pour l’ensemble des Etats membres, dit que nous avons « la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière ». Ce droit s’applique également à Internet. Le Net est une partie importante de notre infrastructure commune, de notre monde, non un jouet que vous pouvez retirer des mains des enfants quand ils font des bêtises. La suspension de l'accès à Internet, en particulier sans l’intervention d'un tribunal, est une violation manifeste de nos libertés fondamentales.

Cela ne signifie toutefois pas que l'accès à Internet doit être gratuit. Les téléphones et les journaux coûtent de l'argent aussi. L'accès à Internet est ainsi qualifié de « droit de l'homme négatif » (NDLR : les droits de l’homme positifs sont ceux qui permettent ou obligent à une action, quand les droits de l’homme negatifs permettent ou obligent à l’inaction cf. voir cet article en anglais sur Wikipedia)

Quelle est votre opinion à propos des récents développements du Parlement Européen ?

Prolonger la durée des droits voisins de 50 à 70 ans est une pure folie et montre combien le processus législatif à Bruxelles est complètement dans les mains du lobby du copyright. C'est ce que nous devons changer.

Mais quelles sont vos opinions à propos des droits d’auteur ?

Le régime que nous avons aujourd’hui est un obstacle à la créativité, et plus important encore, est incompatible avec le droit à la communication privée. La seule manière pour tenter d'arrêter le partage de fichiers et les autres atteintes non commerciales au droit d'auteur est de laisser la possibilité au gouvernement (ou les grandes entreprises elles-mêmes) de surveiller toutes les communications privées sur Internet.

Cela signifie que nous devons sacrifier nos droits, ceux de  l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme qui dit que nous avons « droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Cela signifierait renoncer à nos libertés fondamentales afin de soutenir un vieux système économique entièrement dépassé au profit de quelques grands majors américaines du cinéma et de la musique. Ce n’est pas acceptable.

C'est une honte pour l'Europe que d’avoir des dirigeants politiques, y compris le président Sarkozy, qui soient prêts à vendre nos libertés civiles pour être de mèche avec les représentants de l'industrie du droit d'auteur.

Quelles seraient les solutions pour adapter le droit d’auteur à ce XXIe siècle ?

Conserver le droit moral (le droit à être reconnu comme l'auteur), et aussi les droits commerciaux, mais aussi raccourcir la durée de la protection. Nous suggérons  d'instaurer une durée de protection de cinq ans à compter de la première publication. La copie non commerciale et l’utilisation doivent être totalement libres. Cela permettrait de légaliser à la fois le partage de fichiers et d'autres formes de partage et de participer à la Culture.

Merci Christian Engström
(NDLR : et merci Cédric Garrofe)
Publiée le 12/05/2009 à 12:03

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