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Licenciement anti-Hadopi TF1 : le dir'cab d'Albanel chez les tutus

Forwardé, ca paye

Mise à jour 1er septembre : Celui qui a fait valser le salarié de TF1 pour un mail un peu trop anti-hadopi voit son avenir confortablement installé dans des petits souliers.

Par décret du 26 août 2009 publié au Journal Officiel et « portant cessation de fonctions et nomination du président du conseil d'administration du Centre national de la danse », Christophe Tardieu est nommé président du conseil d'administration du Centre national de la danse.

Cet ancien dir’cab adjoint d’Albanel n’avait rien trouvé de mieux que de forwarder le mail en question à ses contacts chez TF1. Résultats des courses : la chaîne de Bouygues avait licencié sur le champ Jérôme Bourreau-Guggenheim, ce salarié trop critique, première victime de la riposte graduée.

Evidemment, il n’y a aucun lien entre ce renvoi de mail, cette nomination et les petits rats de l’opéra.

Première diffusion 11 mai :

fusibleLe sort en est jeté : Christine Albanel a finalement sanctionné son très proche collaborateur dans l’affaire du licenciement de cadre anti-hadopi chez TF1. « Dans le cadre des informations demandées par Christine Albanel au sujet de l’email de Jérôme Bourreau-Guggenheim, est apparu qu’une copie de ce document, qui avait été adressée par Françoise de Panafieu, a bien été transmise en effet à la chaîne TF1 fin février par l’un de ses collaborateurs. Christine Albanel a déploré cet envoi qu’elle considère comme étant une erreur regrettable ». Voilà l’explication transmise à Libé/Ecrans.fr ce dimanche. Quant à la sanction : « [Christine Albanel] a refusé la démission que lui avait remis ce collaborateur et a décidé de le suspendre immédiatement de ses fonctions présentes pendant une durée d’un mois. »

Pour mémoire, Jérôme Bourreau-Guggenheim, 31 ans, responsable de la politique innovation web chez TF1 avait écrit à la députée de sa circonscription, Françoise de Pannafieu pour exposer dans un email privé, les points qu’il juge mauvais dans le projet création et internet (Hadopi).

La députée avait alors pris le soin de transmettre ce courriel au ministère de la Culture. Officiellement, « pour obtenir des éléments techniques » expliqua Christine Albanel lors des débats à l’Assemblée. En fait d’éléments techniques, Panafieu expliqua quelques secondes plus tard qu’il s’agissait d’éléments stratégiques puisque: « devant les arguments donnés par son auteur, je l'ai transféré au ministère de la Culture, un peu à titre d'exemple, et cela le 19 février dernier, en suggérant qu'on s'en inspire pour établir une sorte de contre-argumentaire à l'intention des députés du groupe ». La députée précisa « qu'en aucun cas l'auteur du mail ne demandait la confidentialité sur son identité », le domaine public devenant par défaut, la vie privée une exception.

Un très proche collaborateur d'Albanel

« À ma connaissance, il n'y a rien eu de plus ; rien n'a été ensuite transmis » avait juré la ministre devant la représentation nationale contestant ce qui fut affirmé (et corrigé) au Point quelques heures plus tôt, où son cabinet affirma : « nous avons fait une erreur en transférant ce mail »… Car une chose est sûre : la Rue de Valois a bien forwardé à TF1 ce fameux courrier. Et là, décision fut prise de licencier ce cadre peu en phase avec la politique du groupe, même dans sa vie privée.

Ce week-end, nous avons l’identité de ce fameux collaborateur. Electronlibre.info révèle qu’il s’agit selon ses sources, de Christophe Tardieu, directeur adjoint du cabinet de Christine Albanel, tout de même. Autant dire un personnage très impliqué sur ce dossier Hadopi qu’on a vu plusieurs fois derrière Albanel durant les débats. C’est lui qui a donc été désigné comme fusible avec une suspension d’un mois. En attendant, le cadre de TF1 qui est licencié sec, va intenter une procédure devant les prud’hommes.

Pendant ce temps, chez TF1, on tente d'effacer les traces de colère des internautes...
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Publiée le 01/09/2009 à 11:29

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