Liste des 10 000 signataires pro-Hadopi : la SACEM se défend

La SACEM récolte 229
La SACEM, à l'origine de la fameuse liste des 10 000 signataires pro-Hadopi destinée aux parlementaires français, a tenu à réagir à notre article publié hier et reprenant le "décorticage" de la liste par la Quadrature du Net. Cette dernière agace d'ailleurs passablement la SACEM.

Une liste pour les petits, et non les personnalités

nicola sirkis indochine pétition jaimelesartistesSi ces quasi 10 000 signataires comprennent de nombreux employés des maisons de disques et des sociétés d'auteurs, cela s'explique très simplement : la pétition est ouverte à toutes les personnes concernées de près ou de loin par la crise du secteur.

Si la pétition accepte volontiers des personnalités, elle a principalement pour but de « permettre aux "petits" de montrer leurs voix, sans pour autant les instrumentaliser » via des questions parfois trop techniques pour eux. En somme, la SACEM voulait ici représenter les petites maisons de disques, ou encore de simples salariés liés au marché du disque, qui, eux, contrairement aux personnalités, ne jouissent pas d'une tribune médiatique importante.

Le chiffre de 10 000 n'est qu'un arrondi. Or de nouvelles signatures sont enregistrées chaque jour. Si les 10 000 signatures ne sont pas encore atteintes, ce n'est donc qu'une question de temps. La SACEM rajoute qu'elle n'a « pas l'ambition de réunir tout le métier » dans cette liste...

Pas de flicage des signataires

Concernant les artistes figurants sur cette liste et qui ont depuis tenu des propos plutôt contre Hadopi (comme Marc Cerrone, Nicola Sirkis d'Indochine ou Gilbert Montagné), la SACEM note que la pétition a démarré en automne dernier, ce qui pourrait expliquer un changement d'avis (dans un sens comme dans l'autre) entre temps. S'ils le souhaitent, ils peuvent donc se rétracter.

Concernant les personnes (connues ou non) figurant dans cette pétition et qui ne devraient pourtant pas devoir y être, cela s'explique aisément. Tout d'abord, la pétition est ouverte à tous, c'est-à-dire que n'importe qui peut demander à figurer sur cette liste en passant par le site. Deuxièmement, la SACEM nous explique que s'il y a vérification des emails et des personnalités connues, tout le monde ne l'est pas forcément immédiatement. Il n'y a « pas de flicage des signataires » nous précise-t-on. « On n'a pas 50 personnes pour vérifier les noms. »

Tout ceci est disproportionné

Pour la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, toute cette affaire autour de cette pétition est « excessive » et « totalement disproportionnée ». La SACEM, passablement agacée par un tel vacarme pour une simple liste, rappelle ainsi « qu'il ne s'agit pas de l'enjeu principal du texte ».

Notez que suite au camouflet de jeudi dernier, la SACEM a un temps « réfléchi à garder cette pétition active ou non », le choix étant à l'heure actuelle de la laisser ouverte.
Publiée le 15/04/2009 à 16:37
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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