« Les majors ont produit la musique comme des plats surgelés »

Spidirt, c'est major que toi 85
Spidart, qui nous a accordé cet après-midi une longue et intéressante interview (publication prévue demain), vient de mettre en ligne à l'instant son avis sur le projet de loi Création et Internet. Pour rappel, Spidart propose depuis 2007 aux internautes de financer les artistes, moyennant retour sur investissement (voire plus) en cas de succès de l'album. Sa vision des choses est donc sensiblement différente de celle d'Universal Music. Spidart a d'ailleurs la dent particulièrement dure envers un certain Pascal Nègre...

Voici l'intégralité de l'avis de Spidart sur ce sujet si épineux :
 
Pour mettre le point sur le « i » d'Hadopi !
 
Mais si, vous savez, cette loi rebaptisée « Création et Internet » parce qu'Hadopi ça faisait sûrement trop héros de Manga. Ce texte qui est au centre de tous les débats en ce moment avec sa fameuse « riposte graduée ». qui ressemble à des sommations : « à 3, je tire ! »

Artistes, fans producteurs, Spidart Team, nous sommes tous concernés par cette loi qui déclenche des réactions à la hauteur des abus en compétition. D'un côté, l'industrie de la musique si malencontreusement personnalisée dans les médias par Pascal Nègre qui, il faut l'avouer, ne dit pas que des conneries, il en produit aussi ! (Merci Desproges…) Bref, d'un côté cette caricature de major qui voudrait éternellement vendre des compils à près de 20 € la galette plastique et de l'autre ces millions d'internautes qui se disent que si la porte du magasin est entr'ouverte il n'y a qu'à passer la main pour se servir dans la vitrine.

Ce que nous avons envie de rappeler, même si ça nous donne un point commun avec Pascal Nègre, ce sera le seul, c'est qu'une œuvre artistique à un prix , qu'elle soit de Frank Michael ou de Pete Doherty ! Les droits d'auteur sont un des moteurs de la vitalité artistique française et ne pas les reconnaître c'est prendre le risque de ne plus avoir un jour que de la musique de prime time à écouter. Encore faudrait-il que tout l'argent récolté n'aille pas majoritairement dans les poches de quelques Johnny Hallyday ou Florent Pagny, c'est un autre débat…

D'accord donc pour que le principe d'une lutte contre le piratage des œuvres éditées soit affirmé haut et fort. Mais pas d'accord pour que s'ouvre la saison de la chasse aux hotspots wifi et aux adresses IP. Avec cette loi, chacun d'entre nous devrait être en mesure de protéger son réseau au même niveau que celui des entreprises sensibles sur le web. C'est la version numérique du fameux « Nul n'est censé ignorer la loi » où comment demander à chaque citoyen lambda de faire ce que même les pros les plus aguerris ont du mal à réaliser.

Il existe aujourd'hui des cadres légaux sur la toile pour écouter ou télécharger des millions de titres y compris ceux des labels indépendants. Il est donc enfin plus simple et plus rapide de « consommer de la musique » légalement que de la pirater et tout le monde est censé y trouver son compte.

Alors, pourquoi Pascal Nègre a-t-il l'air toujours autant énervé par le futur ? Peut-être parce qu'il défend la survie d'une « industrie » qui, ces 30 dernières années, s'est mise à produire de la musique comme on package des plats surgelés ou des eaux de toilette. Une industrie dans laquelle, les santiags des directeurs artistiques ont été doucement remplacées par les Berlutti de directeurs marketing tout droit sortis d'HEC. C'est de cette industrie de la musique en boite dont les artistes inscrits sur Spidart, les fans producteurs et le team du label ne veulent plus.

Place aux nouveaux modèles de production par le public,

Place aux nouveaux modèles de diffusion,

Place aux artistes maîtres de leurs choix,

Place à la Musique !
Publiée le 18/03/2009 à 17:37
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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