Le Royaume-Uni ouvre grand la porte aux logiciels libres

Ca change des fenêtres 85
Le Royaume-Uni se tourne visiblement vers les logiciels libres : Tom Watson, ministre de l’engagement numérique, a annoncé que ces produits seraient dorénavant considérés sur un pied d’égalité avec les logiciels propriétaires quand des marchés importants seraient passés. Une annonce qui fait plaisir à certains, et rend dubitatifs les autres.

De la pertinence des contrats informatiques

Le sujet fera débat, car les constats sont nombreux dans les camps des logiciels libres et propriétaires. Faire des réductions sur le coût des licences, du point de vue du gouvernement, serait évidemment un bon pas vers des finances plus saines, ou tout du moins mieux maîtrisées. Le Royaume-Uni comme la quasi-totalité des autres pays, est lié à certaines entreprises par des contrats représentant des millions d’euros.

Ce sont ces fameux marchés qui sont examinés. Sur ces marchés publics, le paramètre du coût des licences évolue fortement en fonction du client et du nombre d'unités achetées.
Il est vrai par contre que, dans tous les cas, ce coût sera nécessairement plus élevé que dans le cas du logiciel libre, souvent gratuit. Il faut cependant ajouter d’autres critères vitaux, comme la maintenance et la formation des utilisateurs

Une vraie volonté ?

Certains se réjouissent déjà de cette orientation. Simon Phipps par exemple, responsable de l’Open Source chez Sun, s’est dit heureux que le gouvernement ait choisi de  dépenser de l’argent dans la valeur réelle d’un parc informatique plutôt que dans le seul coût des licences. Bob McDowell, un analyste de Londres, pense pour sa part que l’annonce est très belle, mais que « le Diable se cache dans les détails. Cette mise en application nécessite de la cohérence, une surveillance et des ressources. C’est bien joli pour le gouvernement de faire cette annonce, mais quels sont ses critères ? Nous avons besoin de savoir »

Et pourtant, il semble que l’annonce du Royaume-Uni ne soit pas dénuée de fondement, loin de là. Si l’on en croit David Shine, le vice-président européen du vendeur de support open source Ingres, le projet du gouvernement anglais est bâti sur l’expérience de « très gros échecs des systèmes d’informations » dans les années précédentes. Des échecs qui ont entraîné des coûts imprévus. Le plan d’action anglais comprend du coup plusieurs points :
  • S’assurer que le gouvernement adopte des standards ouverts et les utilise pour communiquer avec les citoyens et entreprises qui ont acquis des solutions libres
  • S’assurer que les solutions libres sont considérées convenablement et, quand elles présentent une « valeur supérieure pour une même somme d’argent », qu’elles seront choisies par le gouvernement
  • Renforcer les compétences, les capacités et l’expérience au sein du gouvernement et de ses fournisseurs pour utiliser le potentiel maximal des solutions libres
  • Diffuser une culture du logiciel libre pour le partage, la réutilisation et le développement collaboratif au sein du gouvernement et de ses fournisseurs
  • S’assurer que les intégrateurs de systèmes et que les fournisseurs de solutions propriétaires montreront la même flexibilité à réutiliser leurs solutions et produits
On pourrait aussi ajouter couper le degré de dépendance auprès d'un seul éditeur ou pays...

La flexibilité est peut-être d’ailleurs le point essentiel du plan d’action souhaité par le Royaume-Uni. Le problème ne sera pas tellement la somme d’argent dépensée initialement, mais un rapport entre cet investissement initial et la pérennité des installations mises en place.

Il va falloir attendre maintenant que des sociétés comme Microsoft ainsi que tous les constructeurs fassent de nouvelles offres. Il est courant maintenant qu’une guerre des prix éclate après ce type d’annonce de la part d’un pays.
Par Vincent Hermann Publiée le 26/02/2009 à 10:25 - Source : Multiple
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