Adobe/Apple : main dans la main pour mettre Flash sur l'iPhone

Plug-in intégré ou application externe ? 55
Retrouver la technologie Flash d’Adobe au sein de l’iPhone fait figure d’une Arlésienne depuis l’apparition du téléphone d’Apple. Avec le copier/coller et la gestion des MMS, on retrouve là le trio gagnant des fonctionnalités et technologies attendues depuis longtemps. Pour le Flash cependant, il ne s’agit pas qu’une question de volonté, bien que Steve Jobs ait insisté longtemps pour dire que la technologie n’avait pas vocation à venir sur l’iPhone. Cependant, les deux firmes travaillent maintenant main dans la main.

iphoneiPhone 3G Apple

Le Flash normal ne convient pas, ni le Flash Lite

Selon Shantanu Narayen, responsable chez Adobe, le portage de la technologie Flash requiert les compétences des deux sociétés. La situation de l’iPhone est spécifique, au moins Apple et Adobe sont-elles d’accord sur ce point. Pendant longtemps, Steve Jobs ne voulait rien savoir, et indiquait que le Flash, en tant que tel, était bien trop gourmand pour s’accommoder des capacités techniques de l’iPhone. D’un autre côté, le Flash Lite était, quant à lui, trop limité du côté des fonctionnalités.

Le portage de Flash part donc déjà de deux handicaps :
  • Le Flash normal est trop gourmand
  • Le Flash Lite ne propose pas assez de fonctionnalités
Pourtant, c’est bien l’équivalent du Flash classique que les utilisateurs s’attendent à trouver, et à cela, il faut ajouter un autre problème, tout aussi sérieux.

Les applications en tâches de fond sont également interdites

adobe flashLe SDK de l’iPhone ne permet pas actuellement d’utiliser une technologie sous forme de plug-in car Apple a fait le choix de refuser aux applications la possibilité de fonctionner en arrière et/ou en tâche de fond. Pourquoi ? Pour empêcher une application justement de consommer des ressources inutilement parce qu’elle a été oubliée, en particulier les logiciels qui utilisent le Wifi et la puce 3G.

Du coup, le développement du Flash pour iPhone est doublement spécial. On peut estimer qu’Adobe essaye bel et bien de créer une version qui se situerait à mi-chemin entre le Flash et le Flash Lite, et que ce type de travail ne serait d’ailleurs pas perdu. Par contre, le vrai mystère sera de savoir comment la technologie va fonctionner sur l’iPhone : exceptionnellement sous forme de plug-in pour Safari, ou en tant qu’application externe et donc beaucoup moins intéressante ?

Tandis que Shantanu Narayen parle de « challenge technique difficile », on sait qu’Apple a fait des pieds et des mains pour proposer une alternative : une infrastructure nommée SproutCore, très orientée Web 2.0, pour remplacer Flash autant que faire se peut. Le problème pour Apple est une technologie omniprésente flanquée d’un taux de pénétration du marché de 98 % (selon Adobe). Difficile au bout du compte de faire véritablement sans une telle ubiquité.

Reste à voir maintenant ce que donnera le résultat du travail en commun, car aucune des deux sociétés n’a annoncé pour l’instant une date quelconque pour l’arrivée de Flash sur l’iPhone. Adobe estime d’ailleurs que, pour le moment, la balle est dans son propre camp.
Par Vincent Hermann Publiée le 02/02/2009 à 16:53 - Source : Bloomberg