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4ème licence 3G : les réactions des pro et anti nouvel entrant

Le téléphone pleure

C'est désormais officiel depuis hier : il y aura bien un nouvel entrant (non virtuel) dans le marché de la téléphonie mobile. Si ce nouvel entrant n'obtiendra qu'un tiers de cette licence (en savoir plus), les dernières rumeurs qui pariaient sur l’absence de nouveau concurrent ont permis, surprise oblige, d'accueillir la nouvelle très positivement. Tout du moins pour les pro nouvel entrant.

Free jubile

xavier niel maxime lombardini Si Xavier Niel, le fondateur d'Iliad et Free, contacté par PC INpact, s'était montré très satisfait de cette décision du gouvernement, Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad, n'a pas caché ses émotions à l'AFP : « Nous sommes très heureux de cette démarche volontariste et concurrentielle du gouvernement et de l'ARCEP. » Lombardini a de plus rajouté que Free est « très légitime pour devenir ce 4e opérateur de téléphonie mobile dont la France a besoin ».

Il ne faut en effet pas oublier que si Free a maintes fois évoqué dans la presse son souhait d'obtenir cette fameuse licence (au moins 10 MHz, et non 5 par contre), d'autres sociétés comme Numericable n'ont pas caché leur désir de concurrencer Orange, SFR et Bouygues Télécom. Lors de la dernière candidature pour l'attribution de la 4ème licence 3G, seul Iliad, en vain, avait cependant proposé une offre.

Lombardini a cependant rajouté que « ces 5 mégahertz se complétaient de droit, dès lors qu'on est détenteur d'une licence de quatrième opérateur, par 5 mégahertz dans la bande des 900 mégahertz » (libérée dans les deux ans à venir). Au lieu des 10 MHz (@ bande de 2,1 GHz) + 5 MHz (@ bande de 900 MHz), Free devra donc se contenter de 5 +5 MHz. Même s'il ne faut pas oublier la libération des fréquences militaires et de la dividende numérique.

Ces conditions permettront-elles à Free de réellement faire chuter les prix, jusqu'aux fameux 1000 € par foyer ? Réponse dans les prochaines années. En effet, selon Lombardini, il faudra environ 18 mois après l'attribution des fréquences pour pouvoir réellement se lancer. En somme, il faudra patienter jusqu'à fin 2010 voire début 2011, au plus tôt. Quant à la licence 4G, c'est autre chose.

L'UFC-Que Choisir surpris, mais prudent

À l'instar de bien des acteurs, l'association des consommateurs UFC-Que Choisir n'a pas caché son étonnement : « C'est une très bonne surprise, on ne s'attendait même pas à des enchères avec une priorité pour un nouvel entrant » a ainsi déclaré à l'AFP Edouard Barreiro, chargé de mission nouvelles technologies à l'UFC.

Sans toutefois sauter au plafond, l'UFC-Que Choisir préfère plutôt calmer les esprits : « Nous n'allons pas crier victoire, nous attendons de voir l'ensemble des conditions de ces enchères. (Free) n'a pas des capacités financières énormes, donc il ne faut pas que le prix de la licence soit trop pénalisant. (Le bloc de 5 MHz) semble être un peu petit, nous aurions préféré que ce soit un lot de 10 MHz. »

Pour rappel, ce bloc de 5 MHz, soit un tiers d'une licence complète (15 MHz), limitera fortement son détenteur en terme de services. Inutile donc de s'attendre à un forfait tout illimité à bas prix. Il faudra soit se préparer à de petits astérisques limitatifs, soit à des forfaits voix uniquement.

Une grossière erreur pour la CFE-CGC et l'UNSA

La Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC), ainsi que l'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA), en totale contradiction avec Free et l'UFC-Que Choisir, se sont montrées particulièrement virulente suite à l'annonce de François Fillon.

La CFE-CGC et l'UNSA « protestent énergiquement contre cette mesure, qui exonère d'emblée le nouvel entrant de tout respect du service universel et des contraintes d'aménagement du territoire. Free pourra donc se concentrer sur les seules zones urbaines à haute valeur ajoutée, laissant aux trois autres opérateurs (Orange, SFR et Bouygues) les contraintes d'une couverture nationale. »

Pour ces syndicats, Free semble donc être la seule société à même de croquer cette fameuse 4ème licence 3G. Numéricable, pourtant "riche" du fond américain Carlyle et de réseaux importants, est ainsi poussé sur la touche sans discussion préalable.

Des conséquences sur l'emploi

Plus grave encore, pour les deux syndicats, ce futur nouvel entrant pourrait avoir des répercussions négatives importantes en terme d'emploi : « dans le cadre de la brutale récession économique, qui pèsera lourdement sur les activités Télécom, cette décision ne pourra qu'alourdir l'ampleur des restructurations à venir ».

Des propos alarmistes qui ne sont pas sans rappeler ceux de Martin Bouygues, qui avait le mois dernier tout bonnement fait du chantage à l'emploi : « Si le gouvernement autorise un nouvel entrant à venir faire de l'ultra-« low cost » dans le mobile, il prend une lourde responsabilité. À terme, une guerre des prix peut provoquer de 10 000 à 30 000 pertes d'emplois chez les opérateurs. Ce sont des choix lourds de conséquences, surtout s'il s'agit de favoriser quelqu'un qui n'investit pas ! »

10 000 à 30 000 suppressions d'emplois semblent pourtant être une fourchette particulièrement élevée, alors que Bouygues Telecom comptait seulement 7700 employés il y a un an, contre environ 10 000 pour SFR...
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 13/01/2009 à 10:51

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