S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Fibre : France Télécom répond à l'ARCEP et s'attaque à Free

La guerre des tranchées

Si les joutes verbales se multiplient ces derniers mois concernant l'attribution de la 4ème licence 3G, le (lent) déploiement de la fibre optique (FTTH) en France génère lui aussi son lot de propos sarcastiques et/ou virulents. Derniers en date, ceux entre le président de l'ARCEP, Paul Champsaur, et France Télécom (Orange).

Pour France Télécom, la président de l'ARCEP fabule

fibre optique gpon france telecom orange Interrogé par Challenges, Paul Champsaur, qui vit ses dernières semaines à la tête de l'ARCEP (il sera remplacé le 1er janvier prochain), a ainsi vivement critiqué France Télécom. Alors que ce dernier et Iliad (Free) ont des divergences sur la technologie à appliquer (multifibre ou fibre unique), Champsaur dit s'interroger « sur les raisons du blocage depuis l'été, par l'opérateur historique, des discussions sur le câblage terminal. Alors que tous les opérateurs avancent vite en sous-sol - plus de 3 millions de foyers ont la fibre dans leur rue - ce blocage entretenu freine le branchement effectif des domiciles. »

En somme, le président de l'ARCEP annonce que la France a un potentiel de foyers fibrés très important, que ce potientel est totalement inexploité, et que le principal fautif se nomme France Télécom.

La réponse du principal intéressé n'a pas tardé, via un communiqué de presse officiel. France Télécom « a pris dès ce moment [en 2006] l'engagement d'ouvrir son génie civil à ses concurrents. Cet engagement a été pleinement respecté : une offre d'accès au génie civil de France Télécom, sans équivalent en Europe, est opérationnelle depuis plusieurs mois », réplique-t-on, en tentant ainsi d'atténuer les attaques de l'ARCEP.

« Les expérimentations en cours visent notamment, comme le souhaitait l'ARCEP, à établir clairement les données opérationnelles, financières et juridiques des deux solutions envisagées pour le fibrage vertical. En outre, des négociations sont en cours avec d'autres opérateurs pour adopter la même approche pragmatique que celle de l'accord signé avec SFR. »

Après SFR et Bouygues, France Télécom attaque lui aussi directement Free

Iliad, qui a récemment pris des claques monumentales ces derniers jours par les présidents de SFR et surtout Bouygues Télécom, est cette fois particulièrement critiqué par France Télécom/Orange : « Free a refusé juqu’à présent les propositions d’accords qui lui ont été faites, en exigeant le déploiement systématique de la solution multifibre non encore expérimentée et en privant largement les habitants des immeubles fibrés par ses soins, notamment à Paris, de la liberté de choisir un autre opérateur.

Free bloque ainsi la mise en oeuvre d’un accord général sur la mutualisation du fibrage vertical, préalable indispensable au déploiement à grande échelle de la fibre.

Dans ces conditions, rien ne peut justifier d'imposer aujourd'hui aux acteurs du marché la solution de fibrage vertical multifibre exigée par Free, a fortiori alors que la viabilité et l'économie de cette solution n'ont pas encore été expérimentées.
 »

xavier niel Free a en effet maintes fois répété qu'il était contre toute solution sortant du cadre du multifibre. Xavier Niel avait ainsi expliqué à PC INpact en septembre dernier que la fibre unique « empêche l'émergence d'une compétition en dehors des 3 acteurs actuels (plus on partage bas dans le réseau moins il y a de concurrence à terme : par exemple Paris, si on partage dans les immeubles, il faut 75 000 points d'interconnexion, si on partage au Point de Mutualisation il faut 10 000 points d'interconnexion, si on partage au NRO il en faut 60) ».

Le multifibre, toujours selon Xavier Niel, n'a ainsi que des avantages : non seulement cette solution aurait l'avantage d'être conforme à la LME, mais elle permettrait de surcroît à un nouvel entrant d'arriver "plus tard" expliquions-nous ainsi à l'époque. Mais plus important encore, cela permettrait aux Internautes de migrer d'une offre à une autre sans problème. Autre avantage non négligeable, en cas de problème, l'Internaute contactera directement l'entreprise fautive. Dans le cas du récent accord entre Orange et SFR, l'abonné aura « en face de lui un interlocuteur unique (et non pas par exemple Neuf qui va demander à Orange de réparer sa fibre) » nous confiait Xavier Niel.

Le cadre juridique, l'éternel problème que devra résoudre l'ARCEP

Outre Free, France Télécom pointe du doigt, et ce n'est pas la première fois, « le cadre juridique dans lequel ils [les FAI] devront prendre des décisions d'investissement, alors même qu'une procédure est ouverte depuis juillet 2007 devant le Conseil de la concurrence à la demande de Free sur le même sujet ». Et face à un tel imbroglio, Bercy, par l'intermédiaire de Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à la Consommation, a demandé hier que l'ARCEP « veille à accélérer les discussions entre opérateurs » au sujet du déploiement de la fibre optique dans l'Hexagone.

À moins d'une surprise dans les semaines à venir, le dossier de la fibre optique ne se débloquera pas avant la mise en place du futur président de l'ARCEP le 1er janvier prochain. Or quand on sait que le remplaçant pressenti de Paul Champsaur, à savoir Jean-Claude Mallet, est selon Didier Lombard (PDG de France Télécom) un « patriote, plus soucieux de soutenir les champions nationaux que de doper la concurrence », on peut craindre le pire pour Free, et ce sur tous les tableaux, fibre optique et 4ème licence 3G.

Free, l'éternelle bête noire

Entre autres joutes verbales, on se souviendra qu'en octobre dernier, Matthieu Coutière, qui travaille à la direction de la stratégie et du développement au sein du groupe Vivendi, avait pris à parti Xavier Niel, fondateur d'Iliad (Free), critiqué pour avoir annoncé offrir de la fibre optique pour 30 €, mettant à mal le business model d'Orange et SFR (Neuf Cegetel) basé sur un tarif mensuel de 60 €.

La réponse de Xavier Niel à l'époque ne manquait pas de mordant : « Orange ne fait pas d'investissement, parce qu'un jour dans une conférence de presse Free a dit quelque-chose ».
Source : L'ARCEP
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

Google+

Publiée le 11/12/2008 à 16:08

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;