MinWin : le coeur autonome de Windows est bien dans Seven

Bon alors, c'est quoi ce fichu MinWin ? 124
Nous avons parlé plusieurs fois de MinWin dans nos colonnes. C’est l’un des sujets de Microsoft qui a créé le plus de controverses, car l’éditeur n’a jamais expliqué exactement de quoi il s’agissait. Mais la firme, par la voix de Mark Russinovich, indique que MinWin fait bel et bien partie de Windows 7. Alors, qu’est-ce que c’est ?

win7 sevenMinWin : Minimal Windows

On peut littéralement parler de PPCD. Ceux à qui il reste des notions d’arithmétique reconnaîtront le plus petit commun dénominateur, et c’est bien de cela dont il s’agit : MinWin est le cœur du système débarrassé de tout ce qui n’est pas nécessaire. Pesant environ 25 Mo, ce cœur totalement autonome contient évidemment le noyau ainsi que les sous-systèmes essentiels (comme le réseau), avec supports des systèmes de fichiers ou pas. Et c’est tout.

Étant donné que MinWin correspond à de gros travaux chez Microsoft et que le mot « kernel » apparaît au sein du projet, de nombreuses questions ont été soulevées sur le changement de noyau dans Windows 7. Est-ce le cas ? Non : le noyau est une évolution de Vista. Dans un contexte où ce dernier a provoqué un clash dans le marché informatique, il était surtout primordial pour Microsoft que tout ce qui avait été développé pour lui soit parfaitement compatible avec Windows 7, et en tout premier lieu les pilotes.

Un jeu de briques

Si MinWin est le cœur de Windows, cela signifie qu’il n’existe aucune dépendance vis-à-vis d’un composant extérieur. Il y a désolidarisation complète avec l’API Win32 (en dehors de quelques API essentielles), ce qui donne déjà une idée de la direction que peut prendre l’éditeur s’il le souhaite : créer un nouvel espace utilisateur s’appuyant sur MinWin. Il ne s’agit bien sûr que d’une possibilité.

Avec MinWin, l’API Win32 devient comme un bloc que l’on peut connecter au cœur. Mais comme dans un jeu de construction, on peut y brancher d’autres blocs. Et là, les regards se tournent vers l’environnement .NET, dont on sait que Microsoft tranche les liens avec Win32. On a donc un cœur, MinWin, et à terme deux blocs principaux : Win32 et .NET.

Le point le plus intéressant est sans doute que ces éléments peuvent enfin évoluer séparément les uns des autres (il faut néanmoins garder une cohérence bien sûr), mais on ne parle plus de sac de nœuds. Microsoft va prendre à court et moyen terme des décisions plus radicales, puisque le passé du système exige désormais une véritable direction.

D'éventuelles conséquences très intéressantes

Il existe d’autres domaines où MinWin devrait porter ses fruits. Par exemple, la virtualisation. La sortie récente d’Hyper-V Server 2008 a montré que Microsoft souhaitait mettre en avant son hyperviseur au sein d’une partition parente équipée d’un système minimal. Sauf que dans le cas d’Hyper-V Server 2008, on y trouve toute la base de Windows Server 2008. On peut estimer que la firme composera à la carte une solution beaucoup plus légère basée sur MinWin.

Et puisque l’on parle de solutions à la carte, comment ne pas penser à Windows Embedded, dont on sait que Microsoft veut baser la prochaine sur Windows 7 ? Disposer d’un cœur parfaitement autonome tenant dans 25 Mo est un atout pour le reste des domaines dans lesquels un système d’exploitation peut être impliqué. Mais il faudra voir ce qu’en fait Microsoft dans la réalité, même si les possibilités sont très nombreuses.

Pour la petite note de « science-fiction », on notera que MinWin pourrait avoir comme objectif final de mettre un pied de Windows dans la tombe. Si Microsoft veut en effet proposer un jour un système de type Singularity/Midori, alors la virtualisation et un cœur autonome Windows seraient de très bons outils pour y parvenir, car ils permettraient une compatibilité avec l’existant.

Publiée le 04/11/2008 à 07:32 - Source : Microsoft
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