La Chine allège sa censure du Net... pour les journalistes

Tiens ? Amen ! 72
Sous la pression internationale, et le projecteur des médias, la Chine a finalement accepté de lever partiellement la censure qui plombait un certain nombre de sites étrangers. Du moins sur les connexions mises à la disposition de la presse pour la couverture des J.O., les Chinois ne pouvant toujours pas goûter aux joies du surf sans entraves.

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Les médias pourront ainsi naviguer sur le site Amnesty International ou des très actifs Reporters sans Frontières. Toutefois, le site en chinois de la BBC, ceux de dissidents et des pro-tibétains restent, eux, filtrés par les verrous du pays, selon les derniers tests. Avec un indéfinissable charme, le président Hu Jintao a appelé ces journalistes à faire preuve d’objectivité dans la couverture des Jeux, tout en se conformant, le doigt sur la couture du pantalon, aux « lois et règlements chinois » précisant qu’« il est inévitable que les peuples de différents pays et régions du monde aient des perceptions qui ne sont pas les mêmes sur différents sujets. »

RSF, de son côté, appelle à manifester le 8 août devant les ambassades de Chine (Londres, Madrid, Berlin, Paris, Washington, Bruxelles, Ottawa, Rome et Stockholm). Le même jour qui marque la cérémonie d’ouverture des jeux, RSF organisera une nouvelle cybermanifestation sur le site http://www.rsfbeijing2008.org. « Les internautes du monde entier pourront manifester virtuellement devant le stade olympique de Pékin avec le slogan de leur choix. (…) À l’approche des Jeux olympiques, une centaine de journalistes, cyberdissidents, blogueurs et internautes sont emprisonnés en Chine. La censure est toujours omniprésente dans les médias et sur Internet. »

« Nous garantissons une liberté totale de la presse », avait promis la Chine en 2001, quand il s’agissait de défendre le dossier de candidature de Pékin pour les J.O. de 2008.
Publiée le 01/08/2008 à 14:52
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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