Hyper-V Server : la virtualisation serveur chez les particuliers

En tout cas, ceux qui s'y connaissent un minimum 48
Suite à notre discussion hier avec Damien Buisson, chef de produit Windows Server et spécialiste Hyper-V, nous nous sommes entretenus avec Alain le Hegarat, chef de marché Windows Server, à propos d'un produit lié à Hyper-V et qui sera prochainement disponible. Pour rappel, Hyper-V est l'hyperviseur de Microsoft, c'est-à-dire le moteur de sa technologie de virtualisation.

Il s'agit d'Hyper-V Server, qui sera vendu en version boîte dans les 90 jours à venir, pour la modique somme de 28 dollars. En ces temps troublés de chute du pouvoir d'achat, il est toujours intéressant de ne pas vider son compte en banque pour s'offrir un logiciel, quel qu'il soit. Mais revenons à nos moutons, car Hyper-V Server, s'il n'est pas un produit à proprement parler grand public, devrait intéresser plus d'un quidam.

Chapeauter un ensemble de systèmes d'exploitation


HVS réunit au sein d'un même ensemble plusieurs composants : l'hyperviseur de Microsoft lui-même, tous les pilotes matériels de Windows Server 2008 ainsi qu'un micronoyau. L'hyperviseur se place en niveau de priorité -1 dans une partition parente, c'est-à-dire en dessous du noyau d'un système d'exploitation (niveau 0). De là, l'utilisateur crée alors des partitions filles dans lesquelles il va installer un ou plusieurs systèmes d'exploitation.

Mais alors, quel intérêt vis-à-vis d'un chargeur de démarrage par exemple qui permet de choisir sur quel système on souhaite démarrer ? Au départ, aucun. Mais puisque c'est l'hyperviseur qui a toujours la main, on peut lui demander de changer de partition fille alors même que la première que l'on a démarrée n'est pas arrêtée.

Passer d'un système à un autre en un instant

Un exemple ? Imaginez que la machine démarre sur un Windows XP, car l'utilisateur a une envie subite de se faire une petite partie de Civilization. Sitôt sa partie terminée, il doit reprendre un travail qu'il avait commencé. Via un raccourci clavier, l'utilisateur change de partition fille pour démarrer un système Vista dédié exclusivement à son travail. Pendant ce temps, le Windows XP qui était lancé continue à s'exécuter, et il peut ainsi changer à volonté entre tous les systèmes installés sur sa machine, y compris des distributions Linux.

Évidemment, les possibilités offertes par ce produit sont directement proportionnelles aux capacités de la machine. Il s'agit réellement d'une virtualisation de type serveur, mais dans un cas particulier : le serveur et le client sont en fait la même machine. L'hyperviseur a toujours la main, et Alain le Hegarat a ajouté à ce propos que la technologie allait progressivement se dissoudre dans les systèmes d'exploitation Windows, ouvrant ainsi des possibilités nouvelles.

Vers une génération de ce type de technologie

De fait, la reprise de l'annonce récente de la gestion native des images disques VHD par Windows 7 peut apparaître sous un jour nouveau. On peut ainsi tout à fait imaginer que le système pourrait gérer plusieurs instances de lui-même, avec des rôles précis, au choix de l'utilisateur. Là encore, il faudra attendre probablement la fin de l'année pour avoir des informations complémentaires sur Windows 7, car Microsoft ne souhaite décidément pas aborder le sujet.

Quoi qu'il en soit, l'utilisation d'Hyper-V devra évidemment se faire par une personne connaissant bien le monde des systèmes d'exploitation et qui sait donc en installer convenablement. Le produit se présentera probablement sous la forme d'un CD sur lequel il faudra démarrer pour installer l'hyperviseur, car celui-ci sera à la base de tout. Le produit ne convient donc pas aux machines où un système est déjà présent, à moins bien sûr de pouvoir/vouloir repartir de zéro.

Quelques précisions importantes tout de même à propos d'Hyper-V Server. Ce produit est très différent du composant intégré à Windows Server 2008. De par son orientation client et grand public, il ne bénéficiera pas des migrations à chaud, de la gestion de la montée en charge et ne pourra pas être mis en grappes. Concernant les licences des systèmes clients utilisés, chacun devra avoir sa propre licence.

Rendez-vous donc dans environ trois mois, pour un test de ce produit qui aura certainement des répercussions intéressantes.
Publiée le 27/06/2008 à 10:11
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