Dix règles pour réduire les risques liés à l'utilisation des mobiles

Vite, une autorité indépendante 145
oreille enfantsUne initiative rouvre le long débat du danger des mobiles. Vingt scientifiques internationaux rassemblés par David Servan-Schreiber viennent de lancer, via le JDD, un appel sur les dangers liés à l’utilisation des téléphones portables.

En cause, la « pénétration significative des champs électromagnétiques des téléphones portables dans le corps humain » mis à l’index par diverses études relevant également les « effets biologiques des champs électromagnétiques même en dessous des seuils de puissance imposés par les normes de sécurité européennes, une association probable avec certaines tumeurs bénignes (neurinomes du nerf acoustique) et certains cancers du cerveau, plus marquée du côté d’utilisation de l’appareil ».

Pour répondre à un principe de précaution de rigueur, ces 20 personnalités demandent à ce que « les champs magnétiques émis par les téléphones portables [soient] pris en compte en matière de santé », sous-entendu à un niveau nettement plus en rapport avec cet objectif de santé public que le niveau actuel. Il y aurait un consensus pour mettre en évidence « une pénétration significative des champs électromagnétiques des téléphones portables dans le corps humain » et particulièrement au niveau du cerveau, surtout chez les enfants, du fait de leur plus petite taille. D’autre part, des effets biologiques sur les tissus sont encore constatés même en dessous des seuils de puissances normalisés à l’échelle européenne.

10 principes de précautions

En attendant la réalisation d’études plus approfondies, ces personnalités ont dénombré 10 précautions à prendre à défaut de preuve absolue chez l’être humain de l’absence d’effet cancérogène des ondes électromagnétiques émises par les téléphones. « Ces mesures sont aussi importantes pour les personnes qui sont déjà atteintes d’un cancer afin d’éviter toute influence extérieure qui pourrait contribuer à la progression de leur maladie » :

N'autorisez pas les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable, sauf en cas d'urgence. Les organes en développement (du foetus ou de l'enfant) sont les plus sensibles à l'influence possible de l'exposition aux champs électromagnétiques.

Lors des communications, maintenir le téléphone à plus de 1 mètre du corps (l'amplitude du champ baisse de quatre fois à 10 cm, de cinquante fois à 1 m de distance). Utilisez le mode haut-parleur, ou un kit mains libres, ou une oreillette Bluetooth (en faisant attention de ne pas la conserver constamment à l'oreille en période de veille).

Restez à plus de 1 mètre de distance d'une personne en communication, et évitez d'utiliser votre téléphone dans des lieux comme le métro, le train ou le bus où vous exposez passivement vos voisins proches au champ électromagnétique de votre appareil.

Évitez le plus possible de porter un téléphone mobile sur vous, même en veille. Ne pas le laisser à proximité de votre corps la nuit, ou alors le mettre en mode "avion" ou "hors ligne/off line" qui a l'effet de couper les émissions électromagnétiques.

Si vous devez le porter sur vous, assurez-vous que la face "clavier" soit dirigée vers votre corps et la face "antenne" (puissance maximale du champ) vers l'extérieur.

Utilisez votre téléphone portable pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes seulement (les effets biologiques sont directement liés à la durée d'exposition). Il est préférable de rappeler ensuite d'un téléphone fixe filaire, et non d'un téléphone sans fil DECT qui utilise une technologie à micro-ondes apparentée à celle des portables.

Quand vous utilisez votre téléphone portable, changez de côté régulièrement, et avant de mettre le téléphone portable contre l'oreille, attendez que votre correspondant ait décroché.

Évitez d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides comme en voiture ou en train.

Communiquez par SMS plutôt que par téléphone (limite la durée d'exposition et la proximité du corps).

Choisissez un appareil avec le DAS (débit d'absorption spécifique qui mesure la puissance absorbée par le corps) le plus bas possible.

« Il ne s’agit pas de bannir cette technologie, mais de l’adapter – de la maîtriser – afin qu’elle ne devienne jamais une cause majeure de maladie » concluent les signataires de ce document. Certaines des règles seront diversement appréciées par les mordus de téléphone portable, qui s'imaginent très mal tenir leur téléphone à 1 mètre de distance de leur oreille, le tout dans le métro aux heures de pointe.

Appel appuyé par l'Afsset

De son côté, l’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a profité de ce nouvel éclairage dans la mare des données contradictoires publiées sur le secteur, pour rappeler son avis rendu en 2005 qui appelait déjà au respect d’un principe de précaution.

Une meilleure normalisation au niveau international de l’affichage du DAS (amélioration des conditions de mesure, recherches pour mesurer le DAS local lors de la position des appareils à distance de la tête, etc.), encourager les kits mains libres dont la délivrance serait alors systématisée, éviter de cibler les plus jeunes, etc. « l'Afsset ne peut que se féliciter de voir aujourd'hui ses recommandations reprises par d'autres scientifiques et reste vigilante sur le sujet. L'Agence continue d'ailleurs ses travaux et une actualisation de l'expertise sur la téléphonie mobile est en cours. L'avis et le rapport seront rendus publics ainsi que cela est prévu dans les missions de l'agence. »
Par Marc Rees Publiée le 16/06/2008 à 16:43
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