Pascal Nègre nous explique la riposte graduée et le P2P

Merci qui ? Merci Pascal ! 496

Pascal negre  commission piratage téléchargementJérôme Colombain et François Sorel ont réalisé la semaine dernière (édition du 28/05) une interview de Pascal Nègre, que l'on ne présente plus. Comme toujours, les paroles du président d'Universal France et du membre du Conseil Syndical du SNEP sont succulentes, notamment sur le rôle de la fameuse Haute Autorité, la façon dont sera appliquée la riposte graduée, ou encore sur le fonctionnement du P2P dans le monde. Morceaux choisis.

François Sorel : « Comment techniquement vous allez détecter les gens qui téléchargent ou pas ? »

Pascal Nègre : « On est en train de parler d'un système qui existe déjà depuis fort longtemps. Qui a été approuvé par la CNIL. »

François Sorel : « Donc vous le faites déjà en fait ? Mais aujourd'hui, vous n'en parlez pas ? »

Pascal Nègre : « On le fait déjà, c'est-à-dire qu'on repère déjà effectivement les gens qui mettent en ligne d'une manière illégale. On repère les adresses IP. La seule chose, c'est que, aujourd'hui, au compte-goutte, on va avoir un juge, on lui demande de couper l'accès, ce qui a lieu, il y a déjà eu 300 coupures d'accès. Demain, l'idée, c'est de transférer ces données à une Haute Autorité, qui va le gérer, nous l'espérons d'une manière plus massive. Idéalement, ce sera entre 5 et 10 000 envois d'emails par jour. D'une manière un peu plus massive. Et là, il y aura une première information, une deuxième information, et ensuite, eh bien, on préviendra l'internaute en disant que vous avez été informé deux fois, bah voilà, maintenant, vous allez voir une coupure. Si j'ai bien compris, il y aura une discussion entre l'internaute et la Haute Autorité pour savoir, "bon alors, on vous coupe tant de jours et ça vous va, ok, ça roule". Donc voilà. »

Jérôme Colombain : « Ça veut dire que vous n'allez pister que les gens qui mettent à disposition des fichiers, toujours la même problématique, et pas ceux qui "downloadent" ? »

Pascal Nègre : « Oui mais le problème c'est que si vous faites l'un vous êtes obligé de faire l'autre, donc à un moment donné vous réglez le problème. Ou si plus personne ne met des fichiers en ligne, à ce moment-là y'a plus rien à télécharger. »

François Sorel : « Oui mais par exemple, on sait qu'aujourd'hui qu'il n'y a plus de frontières. Si par exemple quelqu'un a 150 millions de titres sur un disque dur, je sais pas moi, dans un autre pays, à l'autre bout du monde, on pourra, nous, le télécharger, et sans rien avoir sur le disque dur. »

Pascal Nègre : « Ça ne se passe pas comme ça. C'est-à-dire que, Dieu merci, c'est pour ça que le Peer-to-Peer fonctionne, c'est que quand vous cherchez un titre, Dieu merci, il est pas très loin de chez vous. Parce que si vous allez le télécharger au Japon, avant que vous atteigniez le Japon et qu'il revienne, vous allez mettre trois jours avant de le télécharger. Et clairement on l'a vu nous, quand à un moment donné, on a fait fermer un certain nombre de serveurs sur Emule, on a vu que pendant une semaine, c'était beaucoup plus long pour télécharger et beaucoup plus compliqué. Donc voilà. »

Par Nil Sanyas Publiée le 04/06/2008 à 11:18