Fibre optique : Orange répond fermement à l'UFC-Que Choisir

La vengeance de l'orange du marchand 61

Orange lunettesEntre France Télécom (Orange) et les autres FAI français, la guerre semble désormais ouverte au sujet de l'épineux dossier de la fibre optique. Suite aux critiques particulièrement vives de l'association UFC-Que Choisir, affirmant qu'Orange freinait sciemment la concurrence, Orange s'est fendue d'une réponse sur son site officiel. Une réponse pour le moins INtéressante.

Deux paragraphes, qui ne demandent aucun commentaire, ont retenu notre attention. L'un cible les FAI concurrents, l'autre l'UFC-Que Choisir.

« Les détails opérationnels de cette mutualisation doivent faire l'objet d'expérimentations que France Télécom est très désireuse de mener avec les opérateurs tiers dans les plus brefs délais. A plusieurs reprises, France Télécom a affirmé auprès de l’ARCEP et des opérateurs tiers qu’elle était prête à raccorder sa fibre dans les immeubles fibrés par d'autres opérateurs et à permettre aux opérateurs de raccorder la fibre qu’elle a installée dans les immeubles. Ce processus pour être efficace doit toutefois être symétrique et la volonté de réaliser concrètement ces opérations réciproque.

(...)

Au moment où notre pays peut s'engager dans un programme d'investissement conséquent lui permettant de conserver une longueur d'avance dans le numérique et où les premiers utilisateurs de la fibre optique en saluent les avancées en termes de services, il est dommage et préjudiciable, au premier chef pour les consommateurs, de voir circuler des affirmations erronées - engendrant une inquiétude auprès des propriétaires - et d’appeler au blocage de la progression du très haut débit.
 »

Les avis de Maxime Lombardini et d'Eric Besson

fibre optique gpon france telecom orange France Télécom ne s'est non seulement pas défendu, il a même contre-attaqué. Mais ces "joutes verbales" par communiqués de presse ne se sont cependant pas arrêtées là, malheureusement pour France Télécom. Maxime Lombardini, le directeur général de Free, a ainsi livré au Figaro une interview très explicite au sujet de l'opérateur historique.

Pour Lombardini, la séparation fonctionnelle de France Télécom semble être l'une des conditions sine qua non pour régler tout problème d'équité, point déjà avancé par Free dans le passé. Quant à la situation actuelle, elle semble bien différente des propos tenus officiellement par France Télécom :

« Orange se dit ouvert à tout, mais fait exactement le contraire. Il nous met des bâtons dans les roues et retarde notre déploiement tout en intensifiant le sien. L'offre de «fourreaux» existe à titre expérimental, à la suite de notre saisine du Conseil de la concurrence. »

Enfin, Éric Besson, Secrétaire d’État chargé (notamment) du développement de l'économie numérique, a enfoncé le clou au sujet du lieu de la fameuse mutualisation :

« Le point de mutualisation ne peut être à l’intérieur des immeubles. Le point de mutualisation doit se situer dans un lieu qui offre la même facilité d’accès à tous les opérateurs. Je serai attentif à ce que le choix du lieu de la mutualisation ne crée pas de déséquilibre entre les opérateurs. Un opérateur ayant fibré un immeuble doit en informer les autres pour que ces derniers puissent, à leur tour, proposer leurs services. »

Reste à savoir si l'ARCEP saura régler le problème avant l'arrivée de la loi de modernisation de l'économie.

Publiée le 24/04/2008 à 16:35
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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