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Économie numérique : réactions à la nomination d'Éric Besson

Besson, un petit bleu ?

eric besson economie numerique Suite au récent remaniement, c’est finalement Éric Besson qui occupera le poste de secrétaire d’État chargé du développement de l’économie numérique en France (prospective, évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique, si l’on prend l’intitulé officiel).

Ce poste qu'on retrouve dans le récent rapport du Medef, ou celui d’Attali (proposition n°63), sera rattaché au premier ministre. Une mission importante alors que le président Sarkozy exposait au dernier CeBIT  « Je veux que 100% des Français aient accès à l'Internet à haut débit, fixe et mobile, avant la fin de mon quinquennat. »


Un préalable à de futurs chantiers

Les premières réactions sont partagées : côté Renaissance Numérique qui soutenait cette idée depuis plus d'un an, on se félicite de l'avancée, qu’on trouve cependant « insuffisante ». On estime que la nomination d’un tel personnage permettra d’améliorer l’influence des TIC dans l’économie et d’apporter la dose de croissance espérée. Le think tank rappelle qu’il a proposé « une quinzaine d’actions pragmatiques et concrètes dont certaines ont déjà été mises en œuvre et se donne pour objectif de pouvoir collaborer efficacement avec le nouveau secrétaire d’Etat pour contribuer à faire entrer la France de plain-pied dans l’ère du numérique pour tous. »

Du côté des éditeurs, l’Afdel (Association Française des Éditeurs de Logiciels - dont Microsoft, Dassault Systèmes, Lyra, Advanced Informatique), la nomination d’un responsable gouvernemental en charge de l’économie numérique était attendue de longue date. Selon Loïc Rivière, Délégué général, on déplorait jusqu’alors « un manque de coordination et de vision des politiques publiques en la matière. Plus que le respect d’un engagement pris pendant la campagne présidentielle, cette nomination traduit la prise de conscience politique que l’économie numérique est aujourd’hui le principal levier de la croissance et le fer de lance de l’innovation industrielle en France. »

Pour l’association « la politique numérique ne peut être que globale par définition : le développement des contenus ne peut se concevoir sans celui des infrastructures et des équipements, celui des entreprises innovantes ne peut se penser sans une réflexion globale sur l’écosystème des TIC et son environnement économique et réglementaire ». L’arrivée de Besson est donc vue là encore comme un préalable aux futurs chantiers.

Des inquiétudes sur le passé, l'avenir et le présent

Côté April, on constate surtout qu’Éric besson était déjà secrétaire d’État chargé de la prospective et de l'évaluation des politiques publiques et qu’il cumulera un nouveau poste.

L’association qui défend le monde du logiciel libre déplore aussi la réduction des problématiques du numérique aux seuls aspects économiques. Les axes tournant autour de la disponibilité, de l’échange et du partage des savoirs pour tous et par les citoyens eux-mêmes ne pouvant être plongés dans les abysses.

Elle s'inquiète par ailleurs des positions récentes d'Éric Besson. Celui-ci avait déclaré à l'automne 2007 vouloir « renforcer énergiquement la protection de notre propriété intellectuelle, qui demeure aujourd'hui trop timorée », préconisant pour cela de « [s']inspirer de l'attitude beaucoup plus offensive des USA ». « L'histoire démontre que le modèle américain sert principalement les industries américaines, et en aucun cas l'économie française et européenne dans son ensemble » contredit l’April. D’ailleurs, en 2003, le député Besson – alors socialiste - défendait bec et ongle une proposition de loi visant à interdire les DRM qui empêchent la copie privée. Autre temps, autres mœurs ?

Plutôt que d’avancer vers un avenir incertain, l’une des premières missions pourrait être de commencer à dresser enfin le bilan promis et toujours attendu de la loi DAVDSI. « En amont des projets de loi, il devra également procéder à des études d'impact, en particulier en terme de coût pour notre compétitivité dans l'économie numérique mais aussi pour les libertés publiques et la participation démocratique des citoyens à l'ère du numérique ».

Pour donner une certaine cohérence, l’April considère que cette nomination doit conduire à la suspension immédiate des travaux de l’avant-projet de loi Olivennes afin que le nouveau secrétaire d’État « puisse mener sa mission de prospective ». Le temps presse : le texte Olivennes doit être présenté au Parlement en avril/mai et selon nos informations, et le gouvernement envisagerait de déclarer l’urgence pour accélérer son adoption.
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Publiée le 19/03/2008 à 16:32

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