Exclu : des manifestants occupent et déclarent la CNIL dissoute

La lutte en version finale ! 186
MàJ : les photos de la manifestation.
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cnilCe matin, à 9 heures, une soixantaine de manifestants sont entrés dans les locaux de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) pour contester l'existence même de l'institution.

Des membres actifs des groupes Oblomoff, Pièces et Main D'Oeuvre, du Mouvement pour l'Abolition de la Carte d'Identité (MACI), de « Halte aux puces ! », « Coordination contre la biométrie », et « Souriez, vous êtes filmés ! » ont pénétré sans aucune résistance la CNIL pour imposer un débat avec ses employés, nous rapporte notre correspondant à Paris, Nicolas Gary, sur les lieux.

À 13 heures, la situation reste calme. Une grande banderole bloque la porte d'entrée principale des locaux de la CNIL, elle affiche un message clair : « L'État contrôle la CNIL ». D'autres linges blancs ajoutent quelques phrases-chocs : « La CNIL est dissoute », ou encore « Informatique ou liberté, il faut choisir ». Devant le bâtiment, une vingtaine de militants sont sortis renforcer le blocus, devant de nombreux employés de la CNIL sortis de leur lieu de travail, sans trop comprendre ce qui leur arrive. « Beaucoup ne retourneront pas travailler cet après-midi », explique le porte-parole du mouvement de protestation.

Débat imposé

Durant toute la matinée, un débat s'est improvisé entre les manifestants et les employés de la CNIL, surpris par un mouvement dont ils n'avaient pas eu connaissance. Les militants ont déclaré d'office la CNIL dissoute, dénonçant sa soumission au pouvoir gouvernemental. Le porte-parole du mouvement, un jeune homme d'une trentaine d'années qui souhaite rester anonyme, résume les positions des militants à notre correspondant : « La CNIL rend les gens passifs, elle a un effet vaseline sur la population. »

Un message clair qui résume l'avis du mouvement pour la suppression de la CNIL, qui « a concrètement travaillé à ce que l’inacceptable semble acceptable, en réduisant la liberté au contrôle des flux informatiques ». Une argumentation que l'on pourra lire en détail sur le communiqué commun publié par les groupes présents sur les lieux.

De son côté, un employé de la CNIL nous rapporte son témoignage : « Il n'y a pas de violence, surtout de l'incompréhension ». Face aux contestations, il se dit même « d'accord » avec les arguments des manifestants, mais pas pour la suppression pure et simple de la CNIL : « il faudrait surtout donner plus de pouvoir à la CNIL, et avoir 300 employés comme en Allemagne, pas seulement une centaine. »

La gendarmerie sur les lieux

14 heures, une quarantaine de gendarmes en armure viennent tout juste d'arriver, rapporte notre correspondant. Ils enlèvent les banderoles de revendication, et libèrent l'entrée de la CNIL en formant un cordon de sécurité. Brèves et légères bousculades à l'extérieur, mais à l'intérieur, les gendarmes ont mis leur casque pour évacuer de force les occupants. Des cris de résistance et des slogans se font entendre : « Une seule solution, la dissolution ! ». La police en civil, marquée de brassards oranges, encadre les opérations.

Par Bruno Cormier Publiée le 14/12/2007 à 14:26