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Chasse aux pirates : le dispositif autorisé par la CNIL révélé

Dahu !

cd cdrom cd-rom Nous avons contacté la SCPP sur la récente décision de la CNIL qui vient d'autoriser les ayants droit à traquer les adresses IP en masse sur les réseaux P2P. Principale question : les modalités pratiques de ce contrôle. C’est une question restée en suspens alors que ni la SACEM ni la CNIL n’ont encore communiqué sur le contenu de ce dossier.

Rappel des faits :
  1. Avril 2005 : la SCPP, la SDRM et la SACEM(*) déposent une double demande d’autorisation à la CNIL visant l’envoi de messages d’avertissements pédagogiques et la collecte d’adresses IP en vue de la répression.
  2. Octobre 2005 : La CNIL rejette en bloc cette double demande.
  3. Mai 2007: le Conseil d’État, juge administratif, confirme le rejet du volet pédagogique, mais désavoue la CNIL sur le volet répressif.
  4. Novembre 2007 : nouvelle demande de la SCPP, Sacem, etc. sur le volet répressif. Demande validée par la CNIL.
Contactée, la SCPP nous a indiqué que la demande initiale de 2005, sanctionnée une première fois devant la CNIL, mais repêchée devant le Conseil d’État, n’avait pas changé d’un iota. « La demande présentée à nouveau à la CNIL est bien celle qui fut déposée au mois d’avril 2005, en retirant les messages d’avertissement compte tenu de l’opposition de la CNIL et du Conseil d’État » nous a expliqué Marc Guez hier en fin de journée.

En reprenant à l’identique donc la demande de 2005 mais nettoyée des éléments critiqués, les ayants droit ne risquaient ainsi aucun échec : la Commission était bel et bien tenue juridiquement de respecter les consignes posées clairement dans la décision du juge administratif.

L’intérêt de cette information est qu’on peut découvrir le dispositif aujourd’hui validé par la CNIL, malgré l’absence de communiqué officiel. Il suffit de reprendre la décision du Conseil d’État de 2007 puisque celle-ci révélait, comme nous l’indiquions, le système répressif concocté par les ayants droit.

Les modalités de la traque aux pirates

Les ayants droit vont définir un catalogue de 10 000 titres. Ce catalogue sera régénéré de 10% toutes les semaines pour tenir compte des nouveaux titres. La traque se fera en deux temps : pendant une première phase de repérage qui durera 24 heures, on identifie les internautes mettant à disposition des morceaux de musique. Ceux ayant mis à disposition plus de 50 fichiers, passent dans la seconde phase dite de « ciblage avancé ». Durant 15 jours, leurs comportements en ligne sont analysés. Selon le nombre de fichiers musicaux à disposition des tiers (plus ou moins 1000) ils seront susceptibles de poursuites devant le juge civil ou pénal, respectivement.

Pour quand ? Et quid de la mission Olivennes ?

Quand est prévue l’application de ce dispositif ? « Sincèrement on n’en sait rien, car depuis il y a la Mission Olivennes avec des traitements qui sont identiques, mais avec une destination différente : l’information sera envoyée à une autorité indépendante qui est à créer » précise Marc Guez, pressentant du coup que la démarche aura besoin d’une nouvelle autorisation de la CNIL pour que ce traitement soit possible, via cette autorité indépendante.

En attendant que cette autorité soit nommée, que va-t-il se passer ? « Les contrats prévus en 2005 (NDLR : Advestigo) avec des prestataires ont été annulés. On doit remettre tout cela en route, et on va le faire dans la perspective de la solution de la mission Olivennes. On n’ira pas au-delà de ce que la CNIL nous a autorisés à faire, mais on s’en servira comme banc d’essai pour le travail qui sera à faire dans le cadre de la mission. »

Autre question en suspens, l’intervention du milieu du cinéma qui pourrait se greffer à ces démarches. « On a des synergies à trouver. Tout un travail doit être fait, je pense au premier trimestre de cette année, mais pas avant. A court terme cela ne change rien. »

Finalement, la décision de la CNIL tombe-t-elle trop tôt ou trop tard ? « Non, sur un plan formel, la décision est importante, cependant dans la mesure où on l'a seulement maintenant, nous avons besoin d’un certain temps pour mettre les systèmes en place. Et par ailleurs, on va les développer en pensant qu’assez rapidement, je pense l’été prochain, ces traitements serviront à la mise en œuvre de la mission Olivennes. Cela n’empêchera pas qu’on fasse des actions, si on veut le faire. Les traitements sont faits pour pouvoir faire des actions, après savoir si on les fait ou pas dépendra de l’opportunité ».

Comment se passent les vérifications ?

En pratique, la traque aux fichiers contrefaits sur les réseaux P2P est très basique : « La détection marche comme un logiciel de P2P : ce sont des requêtes de titres et on voit qui répond. C’est extrêmement simple sauf que cela automatise les demandes et les résultats ».

Évidemment, l’écueil est qu’une adresse IP est piratable : celle qui apparaît à l’écran peut ne pas être représentative du véritable auteur de la mise à disposition. A cette remarque, la SCPP nous répond : « Des dispositions de la loi DADVSI prévoient que l’abonné est responsable de son accès internet donc cela élimine en partie ce problème. De plus, s’il y a une action au pénal, il y a une enquête de police, elle repère le véritable auteur. L’action civile repère effectivement l’abonné, mais dans la pratique, on a fait 200 actions et historiquement personne ne s’est manifesté pour dire qu’il y avait erreur judiciaire. On n’est pas trop inquiet. »

(1) SACEM, SCPP : Société civile des producteurs phonographiques. SDRM : Société civile pour l'administration du droit de reproductions mécaniques.
Publiée le 07/12/2007 à 09:00

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