Le CNC et l'Alpa tentent de mesurer l'offre de films pirates

La grande vadrouille 50
Alors que le livre blanc du SNEP vient tout juste d’être publié et que les conclusions finales de la mission Olivennes sont attendues, le Centre National de la Cinématographie décoche à son tour son rapport. Il s’agit cette fois d’étudier l’offre pirate de films sur Internet. Un rapport publié chaque année depuis trois ans, mais qui tombe lui aussi merveilleusement bien en plein débat sur les droits d’auteur

L’examen a été effectué par l’ultra active ALPA, association pour la lutte contre la piraterie audiovisuelle, présidée par M. Seydoux, également président de Gaumont. Cette étude « permet de livrer des estimations sur les délais moyens de mise à disposition des fichiers « pirates » par rapport à la sortie des films en salles et à leur distribution en vidéo et selon leur nationalité ». Dans l’avalanche de chiffres, on n’oubliera pas de souligner que d’une part la méthode d’analyse n’a pas été fournie et d’autres part, que seules les versions pirates de films comportant une piste sonore en français et apparaissant sur plusieurs réseaux « Peer to Peer » ont été prises en compte. Les versions originales « sous titrables » à l’aide de fichiers textes sont ainsi totalement ignorées
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cnc alpa cinéma piratage

Cela dit, que retenir des estimations de l’ALPA ? En 2006, près de 94 % des films piratés sont disponibles sur le net avant leur sortie en DVD en France (contre 91% environ en 2004 et 2005). Toujours sur cette année, les films sont piratés, en moyenne, 4 mois et 9 jours avant leur sortie en vidéo sur le marché français (6 mois et 12 jours pour les films d’origine américaine).

40,5 % des films en salles en 2006 sont piratés sur Internet l’année de leur sortie. C’est le cas pour 7 films américains sur 10 environ, et 4 sur 10 pour les films français. Il ne faut pas attendre longtemps : une quarantaine de jour suffisent pour retrouver un de ces titres encore en salle, sur le net.Parfois même, ces films sont également disponibles avant leur sortie au cinéma (37,7% des films, essentiellement des films américains, et aucun film français)

Au niveau des sources des fichiers pirates, notons la petite percée de ce que l’ALPA nomme les « télécinés », ces copies pirates de sources professionnelles réalisées à partir de la numérisation d’une copie argentique (5,4% de l’offre). Le DVDRip et la TéléSynchro (filmé en salle, mais le son est synchronisé à partir d’une source autre, comme la cabine de projection) restent les principaux puits d’où l’on tire ces données avec respectivement 55,8% et 24,2% des sources. Signalons l’arrivée notable des films en HD qui débute leur périple sous pavillon noir avec 1,9% du marché.
Par Marc Rees Publiée le 29/10/2007 à 16:40
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