Linux : vers un rapprochement de l'OpenGL et de GTK+ ?

Défragmenter la banquise 86
leopardLes interfaces. Un sujet vaste qui déchaîne les passions tellement les goûts peuvent être différents d’un utilisateur à un autre. Chacun a sa conception de ce qui est beau, utile, bien agencé et intuitif. Pendant longtemps, Mac OS X a été le seul système à fournir une interface par défaut faisant appel à des technologies plus évoluées que l’affichage classique calculé par le processeur central. Ce n’est plus le cas depuis quelques années, et des groupes de développeurs sont en plein ébullition.

Une tendance claire dans les systèmes d'exploitation

La sortie de Vista a relancé le thème sur le tapis. Microsoft a choisi de rester discrète sur l’exploitation de la composition de l’affichage pour se concentrer sur l’élaboration d’un moteur d’affichage entièrement nouveau. Le fait est qu’il est impossible dans l’état actuel des choses d’exploiter ce dernier, car la compatibilité avec les applications utilisant le GDI sous Windows est primordiale.

Apple se heurte plus ou moins au même problème. Cette fameuse indépendance de la résolution qui permet, entre autres, de garder globalement la même taille des éléments graphiques à l’écran tout en augmentant la résolution du bureau. Elle est bien présente dans Leopard, mais n’est pas accessible aux utilisateurs. Comme tant de technologies aujourd’hui, notamment dans Vista, elle attend patiemment que les développeurs l’utilisent à son plein potentiel.

Et le libre dans tout ça ?

Durant le FOSSCamp qui s’est tenu ce week-end, un grand nombre de développeurs du monde du logiciel libre ont discuté des interfaces du monde Linux. Notre confrère Ars Technica était sur place et a été particulièrement intéressé par une conférence tenue par Mirco Müller, qui a notamment développé Cairo-Clock et et la visionneuse LowFat, et a discuté de l’emploi de l’OpenGL au sein des applications GTK+.

GTK+, un projet libre signifiant « The GIMP Toolkit », est un ensemble de bibliothèques logicielles qui servent au développement d’autres applications et sert d’interface pour plusieurs environnements de bureau comme GNOME et XFCE. Sur la banque de l’open source, l’OpenGL est avant tout utilisé et médiatisé par Compiz et Beryl, désormais réunis sous la bannière de Compiz Fusion. Mais Müller veut aller plus loin qu’une décoration des fenêtres et compte utiliser l’accélération graphique à l’intérieur même des applications.

Le rapprochement d'OpenGL et GTK+ : un voeu pieux ?

compiz L’esthétique générale d’un bureau et des applications qui le composent est un sujet complexe. Compiz, en exploitant la puissance de la carte graphique pour appliquer des effets au bureau, améliore clairement la perception que peuvent avoir bon nombre d’utilisateurs de leur machine et de leur environnement traditionnel. Ces effets sont pour la plupart inutiles mais cassent la monotonie, tandis que d’autres s’intègrent de manière intelligente pour une vraie amélioration du confort.

Globalement cependant, le reproche fait par Mirco Müller est que les applications elles-mêmes demeurent inchangées et sont déplacées ou modifiées comme des briques par Compiz. Il souhaite que l’intérieur même de ces applications exploite l’OpenGL, et attire l’attention sur des projets comme Pigment et Clutter qui fournissent selon lui un excellent terrain d’essai pour implémenter l’OpenGL dans GTK+.

La fragmentation des projets, un vrai frein

Ubuntu Logo Ce mélange, jugé par certains excessivement complexe, voire contre nature, permettrait de diffuser l’exploitation de l’OpenGL, et donc de l’accélération graphique, directement dans le développement d’une application. Si toute l’interface d’une application était gérée par la carte graphique, son utilisation, son redimensionnement ou toute action affectant son apparence serait traitée plus rapidement et avec beaucoup plus de fluidité que ne peut le faire le processeur. Et là, on ne parle même de tous les filtres que peuvent posséder les cartes modernes pour améliorer le rendu.

Le rapprochement entre GTK+ et OpenGL ne sera pour autant pas simple, à cause d’une fragmentation élevée des projets et des groupes qui pourraient prendre part à un tel rapprochement. Les propos de Mirco Müller ont toutefois été appuyés par Mark Shuttleworth, le fondateur de la fondation Ubuntu. La distribution GNU/Linux, qui n’a jamais caché ses ambitions fédératrices, aurait évidemment beaucoup à gagner d’une telle concentration technologique, en regard de son utilisation massive de GTK+ dans sa forme basique et de l’intégration de Compiz Fusion.

La conférence de Mirco Müller a apparemment été jugée productive par nos confrères d’Ars Technica car de nombreux développeurs ont rapidement participé au débat. La fragmentation des projets dans le monde du logiciel libre est un sujet qui revient de plus en plus régulièrement à la charge, et il semble désormais clair que les années à venir verront de nombreux rapprochements en vue de fournir une expérience plus uniforme et cohérente à l’utilisateur final.
Publiée le 29/10/2007 à 16:29 - Source : Ars Technica
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