Interview de Pascal Nègre : « Il n’y a pas écrit couillon ici ! »

Luxe, calme et volupté 290
Pascal negre  commission piratage téléchargementPascal nègre, patron d'Universal Music France, était évidemment présent hier, lors de la présentation de la commission chargée de trouver des pistes contre le téléchargement illégal. Nous lui avons posé quelques questions à cette occasion.

M. Nègre estime que la commission ne doit sacrifier aucune question : filtrage et mises en place de radars automatiques, outre l’omniprésence des sanctions.

Par la même occasion, on en apprend un peu plus sur les bisbilles entre Deezer et Universal : au-delà du défaut d’accords financiers sur la mise en place du catalogue de la major (notre actualité), Universal reproche à Deezer l’absence de système technologique sécurisé digne de ce nom, un système avait pourtant été demandé par la maison de disque, indique M. Nègre. Sur le même thème, le patron d’UNiversal France indique que la situation de l’accord Neuf et Universal est en passe d’être réglé avec la Sacem.


- Qu’est ce que vous attendez d’une telle commission ?

Qu’elle trouve des solutions simples rapides et efficaces, tout simplement.

- Et le matin quand vous vous rasez, par exemple, vous pensez à quel type de solutions ?

Quand je me rase, je pense d’abord à mon café que je vais avaler cinq minutes après ! Il est clair que à la fois nous producteurs on essaie de trouver des offres alléchantes pour le consommateur, il faut en tester un certain nombre, ce que nous faisons actuellement.

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Si pour le consommateur aller télécharger un titre pirate est quelque chose de naturel et normal, il n’y a pas de concurrence entre le payant et le gratuit. À un moment donné, il faut un vrai débat , oui, sur « comment » le fournisseur d’accès peut filtrer, est ce qu’il y a des radars à mettre en place, ce sont là des vraies questions. C’est aujourd’hui trop facile de pirater. Comment rendre ces actes moins faciles et faire comprendre au consommateur que pirater c’est illégal, que pirater c’est voler.

- Et pour vous, une des solutions vertueuses pourrait être aussi de multiplier les accords avec les FAI, comme vous l’avez fait avec Neuf ?


Par exemple. Nous sommes en négociations avec d’autres fournisseurs d’accès. Il fallait tester, et nous l’avons fait avec Neuf. Le but pour Neuf est qu’il ait l’ensemble des catalogues, et pour moi qu’on soit présent chez l’ensemble des fournisseurs d’accès. C’est l’une des possibilités, simplement réfléchissez bien : avec cette possibilité là, il y a des DRM. Donc attention aussi avec le débat de la DRM et qu’on ne la jette pas à l’eau en deux secondes ! Tous les modèles d’abonnements sont des modèles DRMisés. Le marché du digital est un gamin de trois ans. Maintenant, toute action qui sera faite par les pouvoirs publics pour réduire le problème de la piraterie sera de bonnes actions.

- Le système de la riposte graduée est LA solution ?

On va voir, si la commission se réunit c'est qu'elle a sûrement des idées, je ne suis pas un de ses membres.

- Vous parliez d’un gamin de trois ans en qualifiant le marché du digital. Il y a un gamin qui a 15 jours, qui vient d’arriver, c’est Deezer.com. Vous en pensez quoi ?

Mais c’est très bien ! Je n’ai rien contre Deezer.com. La seule chose que je demande est que quand on diffuse mon répertoire premièrement, on passe un accord avec moi, et pas seulement financier. Ca fait quelques mois qu'on discute avec eux. Aussi entre le moment où on discute et ils ne sont pas en ligne, et le moment où ils se mettent en ligne alors qu’on n’a pas signé d’accord, je trouve cela assez mal élevé. Et deuxièmement, quand on fait un deal sur le contenu, on fait un deal économique et un deal technologique. La technologie mise en place au départ par Deezer était du foutage de gueule, une machine à pirater. Il n’y a pas écrit complement « couillon » en clignotant ici ! (NDLA : M Pascal Nègre dessine un trait sur son front). C'est pour cela qu'on a fait un communiqué. Maintenant longue vie à Deezer s’il respecte les demandes technologiques et qu’il y a un accord sérieux pour l’exploitation de notre catalogue de nos ayants droit.

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- Justement puisqu’on parle d’autorisation, il y a eu beaucoup de bruits autour de votre offre avec Neuf, notamment pour des lacunes d’autorisations auprès de la SACEM. Qu’est-il ?

On est un des principaux clients de la SACEM. Nous, Universal, on doit faire l’un des plus gros chèques à la Société. Ensuite, on est le premier éditeur en France. Ça veut dire qu’on est un des principaux ayants droit de la Sacem. Faites-moi confiance, la SACEM, on la respecte. On est en train de négocier avec elle et on trouvera un accord comme on a toujours trouvé des accords avec elle. Il n’y a pas de problème là-dessus.
Publiée le 06/09/2007 à 11:04
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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