Affaire Razorback : un rapport assassin remis au juge

Prends ça ! Et ça ! Et encore ça ! 139
emuleL’affaire Razorback se poursuit, on ne peut pas dire que les choses tournent bien pour l’ancien serveur le plus important du réseau eDonkey au niveau mondial. Un rapport écrit par Romain Roubaty, professeur au Laboratoire de Sécurité de la Haute École Valaisanne, ne va certainement pas arranger la situation.

Ce rapport enfonce littéralement Razorback, en mettant clairement en avant le fait qu’aucune technologie présente sur le serveur ne permettait de filtrer le contenu illégal. Mais c’était évidemment l’un des points forts mis en avant par l’association qui se tenait derrière : il n’y avait pas d’ingérence sur le contenu, Razorback ne faisant office que d’infrastructure pour mettre en relation les utilisateurs.

Quand bien même le serveur avait perdu de son importance suite à la mise en place et au développement croissant du protocole décentralisé Kademlia, il servait encore pour deux éléments importants : la chaîne de téléchargements de Ratiatum et les albums de musique libre de Jamendo. Pourtant, le rapport de Roman Roubaty ne tient pas compte de Kademlia, écartant assez rapidement l’importance du protocole en se basant apparemment sur des commentaires laissés sur un forum en 2004.

Seulement voilà, ce qui place réellement Razorback dans une position inconfortable, c’est la position prise dans le rapport sur certaines fonctions du serveur, notamment ed2k History. Cette fonction permet de fournir un historique et une mesure de la diffusion des fichiers. Selon Romain Roubaty, cette fonction permet de trouver des fichiers rares, et plus particulièrement du contenu à caractère pédopornographique. On peut lire ainsi dans le rapport que « la disponibilité de ces fichiers sur les serveurs Razorback a été mise en évidence ».

Il est difficile de savoir l’impact qu’aura le rapport sur la justice suisse, mais même si le juge Yves Cottagnoud écarte la mise en avant volontaire du contenu pédopornographique, il pourrait retenir le fait que rien n’a été fait pour contrôler activement la diffusion d’un tel contenu. Or, dans le cas où l’association Razorback serait condamnée pour ce motif, ce jugement aurait un effet potentiellement dangereux pour l’ensemble de l’industrie qui sert d’intermédiaire dans la gestion des contenus.
Par Vincent Hermann Publiée le 01/08/2007 à 17:13 - Source : Ratiatum
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