Vers un rapprochement de l'ODF et de sa version chinoise ?

Un chemin parsemé d'un sacré paquet d'embuches 19
odfAlors que l’on parle beaucoup dans le monde occidental du format OpenDocument et de sa guerre contre l’Open XML de Microsoft, un nouveau débat s’est installé pour comparer l’ODF a son équivalent chinois, l’UOF (pour Uniform Office Format). Même si l’UOF est moins connu du fait de son utilisation quasi exclusive à la Chine, il s’agit bien d’un format de données dont les objectifs sont les mêmes que l’ODF.

Un idéal face aux contraintes

Quand bien même les objectifs des deux formats sont identiques, la manière d’aborder le stockage des informations est lui assez différent. Dans le contexte actuel, le rapprochement des deux formats n’est pas une nouveauté en soi, l’université de Beijing étudiant le sujet depuis plus d’un an. Le débat a été toutefois relancé par les propos de Scott McNealy, président de Sun.

Lors d’une conférence tenue par le ministère chinois du Commerce, McNealy s’est exprimé en faveur d’un rapprochement entre ce qu’il considère être les formats numéro deux et trois en termes d’utilisation, après les formats de Microsoft. Une harmonisation de l’ODF et de l’UOF pourrait servir la cause commune des deux formats : promouvoir un standard ouvert face à l’éditeur de Redmond.

Le combat ne sera pas simple. Il y a d’un côté l’Open XML, créé par Microsoft, certifié par l’ECMA International et aujourd’hui en passe d’être standardisé par l’ISO. Bien que l’ODF soit lui-même standardisé par l’OASIS et l’ISO et soit au cœur de bien des débats sur les formats ouverts, la grande force d’inertie du milieu informatique pourrait maintenir la grande majorité des entreprises et instances officielles sous Microsoft Office.

Un même combat, des armes différentes

Le problème majeur semble être toutefois les différences techniques existant entre l’ODF et l’UOF. Les deux formats n’ont en effet pas la même manière de stocker les informations au sein d’une structure XML. Même si une étude de l’université de Beijing conclut à la supériorité de l’UOF en termes de souplesse, les responsables chinois indiquent qu’il n’est pas impossible de poursuivre un but ultime de fusion des deux formats.

Toutefois, même si le débat est entièrement d’actualité et que la Chine précise que le rapprochement est techniquement faisable, les différences entre les deux formats restent conséquentes. À tel point que non seulement une fusion sera complexe, mais qu’un convertisseur bidirectionnel pour la traduction d’un format vers l’autre sera également difficile.
Par Vincent Hermann Publiée le 20/04/2007 à 11:03 - Source : Betanews
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