Présentations PowerPoint : trop complexes pour le cerveau ?

PowerPoint, mais point de power ? 69
Une étude intéressante vient de paraître sur un sujet peu commun. Ceux d’entre vous qui ont déjà assisté à des réunions, des présentations ou des colloques quelconques ont probablement déjà dû avoir affaire à des diaporamas faits sous PowerPoint. Ce type de démonstration est-il efficace ?

Les scientifiques de l’université de New South Wales en Australie confirment aujourd’hui ce que l'on appelle parfois avec humour la « mort par PowerPoint ». Cette dernière est en fait un simple symptôme d’un problème plus général.

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Il existe en effet assez peu de personnes qui sont réellement passionnées par une démonstration faisant intervenir à la fois un diaporama et la voix du commentateur : c’est justement là selon les scientifiques que repose le cœur du souci.

La présentation sous forme de diaporama n’est pas directement mise en cause, et dépend essentiellement de ce qu’elle présente. La théorie de la charge cognitive indique que le cerveau ne peut absorber qu’une masse limitée d’informations et « décroche » littéralement au bout de quelques secondes, transformant l’ensemble des flux en une gigantesque « bouillie de signaux » sensoriels.

Ce qui perturbe donc les auditeurs d’une présentation incluant des documents PowerPoint, c’est la redondance de l’information entre ce qui est lu sur le panneau d’affichage et la voix du présentateur ou du conférencier. Le cerveau aurait ainsi beaucoup de mal à retenir une information à la fois lue et entendue : les deux signaux ne se superposent pas et empêchent même le cœur de l’information de s’enregistrer convenablement.


De fait, c’est le choix de ce que l’on place dans la présentation qui revêt une importance primaire. Les conseils des scientifiques sont simples : garder les diaporamas pour des graphiques, des tableaux, des courbes et en général tous les domaines où un petit dessin vaut mieux qu’un long discours. La voix du conférencier trouve donc une application graphique à son propos, et on ne retrouve plus le choc enregistré lorsqu’un mot est à la fois lu et entendu.

Le professeur Sweller explique ainsi : « Il est efficace de discuter d’un diagramme, car l’information est présentée sous une autre forme. Mais ce n’est pas le cas lorsque les mots écrits sont également prononcés, car le cerveau subit une trop forte charge, ce qui diminue la capacité à comprendre ce qui vous est présenté »

Selon l’impact de l’étude, il se pourrait bien que l’on voit dans un futur proche une nouvelle manière de présenter l’information. Ce n’est un secret pour personne : une donnée est plus ou moins facilement assimilable selon la manière dont on la présente. C’est ce qui rend certaines interfaces logicielles plus compréhensibles et agréables que d’autres.
Publiée le 05/04/2007 à 16:26 - Source : Sidney Morning Herald
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