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Bill Gates critique la politique technologique américaine

Le respect de la vie privée n'est pas mal non plus

GatesLors d’un comité sénatorial américain sur la santé, l’éducation, le travail et les pensions, Bill Gates s’est exprimé hier matin à propos de ce qu’il juge être une véritable crainte. L’architecte en chef et ancien PDG de Microsoft, aujourd’hui sur le départ, est ainsi intervenu sur des domaines qui lui tiennent manifestement à cœur : la connaissance, les compétences et l’innovation.

Revenir dans la course

Sur ces points, les États-Unis sont selon lui en danger. L’homme indique avoir eu régulièrement la sensation que le pays se contentait de vivre sur ses acquis en profitant simplement des investissements et des efforts qui ont été faits par le passé. Aujourd’hui, le pays doit faire face à de nouveaux défis, et il serait temps de se réveiller.

« Quand je réfléchis à l’état de la compétitivité américaine, mon sentiment de fierté est contrebalancé par une anxiété profonde » explique Gates, avant de poursuivre : « Nous faisons face à une véritable carence de talents scientifiques ». Et contre un tel manque de matière grise, il n’y a pas selon lui des millions de méthodes : les États-Unis doivent ouvrir leurs portes.

fibre optique Cette ouverture fait fi de la tendance actuelle à contrôler de manière drastique les frontières et les arrivées dans le pays. En fait, le profil de personne dont parle Bill Gates correspond précisément au profil de visa H-1B, et ces autorisations sont limitées à 65 000 par an. Un chiffre totalement insuffisant pour Bill Gates, puisque les précieux sésames sont écoulés en quelques semaines. Résultat : les étudiants étrangers, très nombreux dans les différentes écoles du pays, sont incapables de rester pour intégrer des entreprises.

La situation serait donc améliorée en revoyant largement vers le haut la limite de ces visas, d’autant que les métiers techniques produisent des effets en cascade : produits à forte valeur ajoutée, pôles technologiques qui sont de véritables viviers de talents et de connaissances ou création d’entreprises avec à la clé d’autres embauches.

Bill Gates résume sa solution en une phrase : « Il n’y a qu’une seule manière de résoudre la crise aujourd’hui : ouvrez nos portes aux scientifiques talentueux et aux ingénieurs qui veulent vivre, travailler et payer des taxes dans notre pays. »

sécuritéLa sécurité et la vie privée en ligne de mire

Bill Gates s’est également exprimé le soir même devant une assemblée de 900 personnes, à une réunion du Centre pour la Démocratie et la Technologie. Après une allocution du sénateur démocrate du Vermont Patrick Leahy, qui est revenu sur la vie privée et son Personal Data Privacy Act, Gates a pris la parole pour militer en faveur d’une loi établissant clairement certaines limites.

L’intéressé a en effet expliqué le besoin aujourd’hui critique de règles fédérales claires et transparentes sur la collecte de données. Il a également milité pour l’accès à ces informations par les personnes concernées. Par aileurs, il serait favorable à l'établissement d'une liste définie d’actions à entreprendre pour une entreprise, lorsque qu’une brèche de sécurité est ouverte.

Un acte délicat d’équilibre

Gates reconnait toutefois que la mise en place d’une loi générale sur la protection de la vie privée est délicate dans la mesure où plusieurs forces contraires s’équilibrent. Ainsi, il faut selon lui définir des « politiques explicites » décrivant Justicequelles informations peuvent être enregistrées et utilisées d’un côté, et de l’autre posséder assez d’informations lorsqu’elles sont nécessaires, comme dans la lutte contre le terrorisme.

Bill Gates choisit donc la voie du milieu, entre la situation actuelle dans laquelle le gouvernement dispose de droits immenses dans la collecte de données personnelles sans frontière réelle, et la situation hypothétique où ces données n’existeraient plus. Il y a cependant pour lui urgence à mettre en place une véritable loi sur la protection de la vie privée. Il est d’ailleurs soutenu en ce sens par d’autres acteurs majeurs du monde informatique tels que Google, Oracle, HP ou encore Intel.
Publiée le 08/03/2007 à 11:06

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