Cuba s'engage totalement dans le logiciel libre

Richard Stallman en guest star 74
Cuba accompagne le Venezuela dans une conversion totale de son parc informatique aux logiciels open-source. L'objectif de l'îlot communiste est de se débarrasser de l'emprise de « l'informatique capitaliste », représentée par Microsoft et les éditeurs de logiciels propriétaires.

Cuba cigare visage libre« C'est simplement une question de souveraineté technologique, et un problème idéologique » explique un universitaire cubain à la tête d'un département de 1000 étudiants spécialisés dans la programmation de codes libres. Mais pour le régime cubain, obsédé par la menace américaine, le passage à l'open-source est aussi une question de sécurité nationale.

Le Ministre cubain de la Communication, Ramiro Valdes, soupçonne effectivement Microsoft de collaboration avec les autorités américaines, des soupçons affirmés lors d'une conférence la semaine dernière. Et évidemment, impossible de vérifier les dires d'un gouvernement parfaitement rodé dans la communication politique de propagande...

Toujours selon le Ministre Valdes, l'informatique mondiale est un nouveau « champ de bataille » où Cuba doit combattre l'impérialisme capitaliste. On en reste à une idéologie très classique, mais adaptée aux dernières tendances technologiques.

Richard Stallman présent à la conférence de Valdes

Directement concerné, le poids lourd du logiciel libre mondial était présent à Cuba, lors de la conférence du Ministre Ramiro Valdes. Il représentait la Free Software Foundation, dont la licence est utilisée par la majorité des logiciels libres du monde.

Stallman a affirmé dans un discours que les logiciels propriétaires violent la morale élémentaire, et a répété sa traditionnelle comparaison avec le partage et la modification de recettes de cuisine. Il a ajouté que les logiciels propriétaires posent des problèmes de sécurité, car personne ne peut en examiner le code source, et que certaines portes dérobées peuvent alors être volontairement laissées ouvertes par les programmeurs. « Un programme fermé n'est jamais digne de confiance » a-t-il expliqué.

Son intervention fut immédiatement suivie d'une salve d'applaudissements de la part des étudiants cubains. Cuba reste néanmoins l'un des pays dénoncés par le groupement Reporters Sans Frontières pour sa censure de l'Internet, et l'open-source en sera l'un des outils...
Par Bruno Cormier Publiée le 19/02/2007 à 12:03 - Source : IBI Times
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