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L'Europe veut réguler le monde des jeux violents

Quand j'avance, tu régules....(air connu)

Le thème des jeux violents revient en force ces jours-ci en Europe : le commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures Franco Frattini a invité les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union européenne à réguler fermement ce secteur. « La protection des enfants ne peut avoir de limites » a-t-il indiqué pour soutenir son projet. Un inventaire va être effectué sur l’état de la législation des 27 pays européens. Il sera enrichi par une collaboration étroite avec les Etats-Unis, la Russie et le Japon pour déterminer la série d’actions à prendre.

rule of rose

Au final, un standard de protection minimum pourrait bien être adopté, interdisant l’accès des plus jeunes à certains jeux. Qui dit interdiction, dit nécessairement définition de limites. Frattini semble s’orienter vers l’auto régulation ou en laissant chaque État membre le soin d’adopter une série de règles a minima. La décision n’est pas encore très claire, l’intéressé avouant même « nous ne pouvons, de Bruxelles, juger quels jeux vidéo doivent être interdits ». La ministre allemande de la Justice, Brigitte Zypries, voudrait établir une liste noire européenne : « Nous allons demander aux États membres quels sont les jeux vidéo que chacun interdit, et leurs noms seront publiés sur un site de la Commission européenne, baptisé Insafe ».

En réaction, notre confère Inpact Virtuel rétorque « c’est à se demander si dans les chaumières de notre vieux continent, Noël n’a pas fait des ravages. (…) Les enfants se sont-ils lancés dans le trafic international d’armes, histoire de fournir à nos forces de l’ordre un shampoing au plomb bien saignant ? ».

rule of rose

Mais le plus symptomatique, c’est aussi l’une des origines de l’engagement du commissaire européen Franco Frattini dans cette lutte pour un monde du jeu vidéo plus sain, plus propre. Le nom de l’intéressé se retrouve dans l’affaire de la diabolisation du jeu Rule of Rose (notre actualité). Mal renseigné, un magazine italien - Panorama - avait mal résumé le but de ce jeu par : « Pour gagner, enterrez vivant un enfant ». Le maire de Rome Walter Veltroni lançait illico une campagne pour fustiger la vente de ce produit, campagne qui remontait directement dans les oreilles de Franco Frattini. Saisi de l’affaire, et rebondissant sur l'attaque de l'école allemande, il promettait réunions et actions européennes pour réguler ce secteur.

De fil en aiguille, l’amplification européenne retombait dans les États : elle trouvait même un écho à l’Assemblée nationale. Pour faire adopter un amendement anti jeux violents, trois bons députés M. Depierre, Lionnel Luca Jacques Remiller (UMP), résumaient le scénario par : « L’action du jeu Rules of Rose se situe dans un pensionnat anglais dans les années 1930. Le but du jeu incarne un sadisme et une perversion inacceptables : il s’agit de violer dans les plus horribles conditions une petite fille puis de la torturer avant de la tuer dans la pire des souffrances. Celui qui aura fait preuve de l’ignominie la plus infâme, la plus répugnante, remporte la partie. » Un plantage total qui a évidemment entraîné des plaintes de l’éditeur. Le ministre délégué à l’aménagement du territoire rejettera finalement l’amendement au motif que « la protection des mineurs n’a pas vocation à créer une interdiction générale et absolue qui aboutirait à interdire un document à tout public ».
Publiée le 17/01/2007 à 10:32

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