Développement Web : Microsoft veut concurrencer Adobe

Baïonnette au canon ! 146
Dans le monde de l’édition et du développement Web, Microsoft se positionne derrière plusieurs sociétés, notamment Adobe. Depuis le rachat de Macromedia, Adobe possède désormais Dreamweaver et les outils associés, sans compter la technologie Flash, si répandue aujourd’hui qu’il n’est même plus nécessaire de la présenter.

Microsoft aiguise pourtant ses armes et prépare d’un côté la suite Expression, de l’autre WPF/E, sur laquelle nous reviendrons plus loin. La suite Expression n’est pas une nouveauté puisque son développement dure maintenant depuis plusieurs années. Elle est composée de trois éléments :
  • Expression Web
  • Expression Blend
  • Expression Design
Le premier de ces éléments, Expression Web, est disponible à la vente depuis hier. Pour l’instant réservé aux États-Unis, le logiciel peut être acheté 299 dollars en version boîte, ou 99 dollars en mise à jour depuis FrontPage. Expression Web n’a pour autant pas le même but que FrontPage et se destine à la création d’interfaces utilisateur.

expression
Expression Web

Expression Blend est un logiciel de design et vient d’ailleurs d’apparaître sous la forme d’une première version bêta publique. Expression Design est pour sa part destiné à la création de logos, animations et autres éléments graphiques. La suite complète devrait être commercialisée deux ou trois mois après la sortie de Vista pour le grand public le 30 janvier prochain.

Pour Microsoft cependant, le défi est beaucoup plus grand que de simplement concurrencer Adobe : la société de Redmond veut se tailler une place et se forger un nom dans le monde du design et des interfaces. La firme prépare en conséquence la technologie WPF/E qui marquera un tournant puisqu’elle ne sera pas uniquement réservée qu'à la plateforme Windows.

expression
Expression Blend

WPF/E est une version spéciale de WPF (Windows Presentation Foundation), l’un des piliers de Vista. Si WPF est réservée à Vista et constitue un soubassement du système, la version E (pour Everywhere, « partout ») est destinée aux autres plateformes et constitue une version allégée de ce moteur de présentation. Il est ainsi désormais possible d’installer une version dévolue à Mac OS X.

Mais quel est le but de WPF/E ? La comparaison la plus rapide est celle du Flash : une technologie visant à créer des présentations et animations qui pourront être lues depuis plusieurs navigateurs. La technologie est d’ores et déjà compatible avec Internet Explorer et Firefox sous Windows, et Firefox et Safari sous Mac OS X. L’ensemble des éléments créés avec la suite Expression peut donc être lu sans différence sur ces navigateurs et ces systèmes.

Et voici comment une firme qui a tenté de résister à l’essor inexorable d’Internet embrasse tout à coup le roi des médias avec la volonté d’effacer la frontière entre applications locales et distantes. Les interfaces créées par exemple avec la suite Expression peuvent ainsi être utilisées indifféremment dans un navigateur Web ou dans une application.

expression
Exemple d'interface sous Windows

L’installation de WPF/E permettra donc la lecture d’éléments créés avec la suite Expression, avant que d’autres produits soient compatibles avec la technologie. Il s’agit d’un mélange de XAML et de JavaScript présentant des caractéristiques comparables à celle du Flash comme l’affichage vectoriel (indépendant de la résolution). La différence se situe bien sûr avec l’intégration dans les autres produits de la firme.

Expression Blend sera par exemple vendu 499 dollars et sera fourni pour ce tarif avec l’édition Standard de Visual Studio 2005. L’intégration avec l’environnement de développement intégré de Microsoft représentera un atout commercial, car la firme dispose d’un haut niveau de loyauté parmi la communauté des développeurs en ce qui concerne les outils de développement. Du côté d’Adobe, l’outil Flex, basé sur Eclipse, est destiné à la construction d’applications Flash.

Chris Swenson, analyste chez NDP Group, résume la situation par la question suivante : « C’est une course intéressante : est-ce qu’Adobe peut convaincre assez de personnes d’utiliser ActionScript plus rapidement que ce que Microsoft peut convaincre les développeurs sous Visual Studio de construire des applications WPF et WPF/E ? »

Il faut avouer que la firme de Redmond ne part pas gagnante : selon le NDP Group, 77% de l’argent investi dans le développement Web par les professionnels va chez Adobe, et seulement 13% chez Microsoft.
Publiée le 05/12/2006 à 10:50 - Source : Microsoft
Publicité