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Censure en Chine : Google, Yahoo et Microsoft très critiquées

La dictature c'est ferme-la et la démocratie cause toujours. Et la Chine ?

RSFRien ne va plus pour les entreprises occidentales en Chine. La généralisation voire la banalisation de la censure dans l'Empire du Milieu ne cessent d'être critiquées ces dernières semaines. L'organisation Reporters Sans Frontières a commencé les hostilités en attaquant fortement les moteurs de recherche occidentaux, notamment Yahoo pour sa censure équivalente voire supérieure à Baidu.cn (le plus gros moteur de recherche chinois). Amnesty International lui a emboîté le pas en accusant tout bonnement Google, Microsoft et Yahoo d’avoir violé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ! Aujourd'hui, c'est l'organisation Human Rights Watch qui enfonce le clou, en s'attaquant aux FAI ainsi qu'aux moteurs de recherche locaux, confirmant les critiques des deux organisations précédentes dans un énorme rapport de 149 pages.

L'organisation HRW vise comme d'habitude les trois grandes sociétés américaines, à savoir Microsoft, Google et Yahoo, tous les trois pour leur moteur de recherche mais aussi leur service de blog. Cependant, HRW a souhaité rajouter Skype dans sa liste, le fameux logiciel n'étant lui aussi pas avare en censure. La version chinoise de ce dernier, comme expliqué dans la partie IV.4 du dossier de HRW, serait configurée de façon à censurer des mots sensibles lors des "chats" sans en informer l'utilisateur.

L'Human Rights Watch rajoute dans son communiqué qu'il est "ironique que des sociétés dont l'existence dépend de la liberté d'information et d'expression jouent le rôle du censeur, même dans les cas de figure où le gouvernement ne leur a rien demandé spécifiquement". Il est ainsi quasiment impossible aux Chinois de visiter le site de l'Human Rights Watch, comme le prouve cette capture d'écran.

Censure en Chine HRW Human Rights Watch


Brad Adams, le représentant pour l'Asie de l'HRW, rajoute que "le rôle de Yahoo! dans l'affaire Shi Tao et la décision de Google de devenir un censeur dans le but de s'attirer les faveurs du gouvernement chinois montrent le niveau de capitulation des entreprises face à la Chine. Mais les compagnies liées à Internet comprennent qu'elles ne peuvent pas devenir des partenaires en termes de censure politique sans provoquer de l'indignation et une perte de confiance de ses utilisateurs, même en Chine".

Rappelons que l'affaire Shi Tao de l'année dernière est certainement le meilleur exemple de la collaboration des entreprises occidentales en Chine, Yahoo! n'hésitant pas à aider les autorités locales à arrêter un journaliste inculpé de haute trahison.

Pointant du doigt le manque d'efforts pour lutter contre la censure, l'organisation HRW basée à New York espère que les autorités américaines et européennes vont réagir face à cette situation. Quant aux sociétés incriminées, HRW souhaite bien entendu la fin de cette censure à outrance, mais informer les internautes chinois que le gouvernement les a forcés à pratiquer une forme de censure, serait pour l'organisation déjà un grand pas.

Si tout ceci vous intéresse, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil sur le dossier de Human Rights Watch (en anglais).

Publiée le 10/08/2006 à 10:32

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