S'identifier / Créer un compte
  • Actualités
  • Dossiers
  • Tests
  • Commentaires
  • INpactiens
Publicité

Le serveur eDonkey Razorback est partiellement de retour

En somme, Razorback is back...

Razorback est de retour. Fermé il y a environ cinq mois suite à une plainte de la MPAA, la Motion Picture Association of America, association américaine du cinéma qui regroupe des sociétés telles que Sony Pictures Entertainment, Twentieth Century Fox, Universal ou encore Warner Bros, les serveurs Emule/eDonkey Razorback vont donc rouvrir. Rappelons que le belgo-suisse Razorback était le plus gros serveur Linux au monde, comptabilisant 730 000 personnes simultanément en septembre 2004, et 1,3 million de personnes au moment de sa fermeture, en février 2006. Cette mort de Razorback fut la première grande victoire de la MPAA, mais certainement pas la dernière, puisque peu de temps après, l'affaire The Pirate Bay éclata. Le site suédois spécialisé en liens BitTorrent ferma lui aussi ses portes, au grand dam de nombreux internautes suédois, même si une réouverture partielle du site eut lieu en juin dernier.

Après The Pirate Bay, c'est donc au site Razorback de faire son come-back, même s'il est important de noter que ces deux sites sont assez différents. Le second ne se voulait pas apôtre de l'échange de fichiers illicites. Comme le précise un communiqué sur le site Razorback2,com, si aucune information n'a filtré durant cinq mois, c'est principalement pour mettre en place une "stratégie de défense" et pour lancer "les premières procédures". Mais ce mutisme appartient désormais au passé, puisque des bulletins d'information seront dorénavant publiés plus ou moins régulièrement.

Dans son communiqué (en langue française), Razorback étaye huit points parmi tous les évènements passés ces derniers mois, ainsi que sa volonté présente et future concernant ses serveurs. Ainsi, après avoir rappelé que l'enquête de la police avait "commencé en mai 2005, suite à une plainte déposée par les Majors américains", et que le président de l'association Razorback, Bile666, fut interpellé le 21 février 2006 après huit mois d'écoute téléphonique, le communiqué revient sur un problème juridique d'une importance capitale.

Qui est vraiment responsable ?

Justice L'association a donc tenu à préciser ceci : « nous ne portons pas la responsabilité des actes commis par les utilisateurs du réseau eDonkey. Les échanges de fichiers sont réalisés directement entre les utilisateurs sans que nous en connaissions le contenu. (...). Nous n’avons aucun moyen de vérifier les contenus référencés ceux-ci n’étant pas stockés chez nous. (...) Si Razorback est complice de contrefaçons qu'en est-il des moteurs de recherches comme Google. (...) Qu'en est-il des sites gérant des blogs...»

L'association Razorback insiste dans son communiqué quelques paragraphes plus loin : « Nous relevons encore qu’à ce jour, aucun autre serveur au monde, à notre connaissance, n'a été poursuivi. Récemment en Allemagne, un juge aurait déclaré que l’activité du serveur était légale et que c’était pour cette raison qu’il ne pouvait pas le fermer. Il ressort donc clairement qu’en Suisse l’activité d’indexeur de contenu, ou de moteur de recherche, est une activité dangereuse. Nous doutons toutefois que le juge en charge du dossier prenne un jour le risque de faire saisir le parc informatique de Google, ne serait-ce qu’en Suisse, dans le but de répondre à une demande aussi incongrue que celle déposée par nos accusateurs. »

La question peut en effet se poser. Elle l'a d'ailleurs déjà plus ou moins été, puisque certains organismes ont déjà porté plainte contre Google, tels l'Agence France Presse, ou encore Perfect 10, mais les raisons ne sont pas similaires au problème Razorback. Ce problème devrait d'ailleurs être résolu via un nouveau système de filtrage, décrit ci-dessous. En attendant, l'association Razorback n'en restera pas là. Elle a ainsi engagé un avocat afin de "porter plainte pour diffamation" et obtenir "un recours contre la décision sur le for".

La diffamation en question est une simple manipulation d'un forum de la part des plaignants. Selon Razorback, le président de l'association citait un message dans un forum de Ratiatum, un message ironique affirmant qu'il (l'auteur de la phrase) « piratait pour niquer l’Etat, les taxes et la TVA ». Une phrase attribuée à Bile et non à son auteur, sachant que la réponse de Bile à cette citation n'apparaissait pas dans les dossiers. De quoi tromper la justice en somme.

Le retour de Razorback.

Pour le moment, le retour de Razorback se limite à des serveurs d'upload accompagnés d'une bande passante assez conséquente (150Mbps), mais aussi d'un serveur web capable à nouveau d'héberger les sites amis anciennement hébergés. Par contre, n'espérez pas trouver un serveur P2P immédiatement, cela risque de prendre un certain temps, principalement pour une question technique, Razorback souhaitant filtrer le contenu des fichiers.

En effet, afin de ne pas revivre un cauchemar similaire à l'avenir, l'association a pris et prendra de nouvelles dispositions. La première est la future mise en ligne d'un fichier texte contenant une liste des fichiers partagés par leur serveur, ceci dans un but de transparence. La seconde est bien entendu le filtrage. Tout est expliqué à la fin du communiqué, mais sachez que ce système particulièrement drastique se base sur la dénonciation d'un contenu illicite, ainsi que sur l'intégration d'un formulaire à remplir, complété par une preuve (via la copie sur CD ou DVD) de l'illégalité du fichier. Un système qui vise donc principalement les ayant droit et les majors, et non pas la majorité des internautes.

Publiée le 27/07/2006 à 11:07

Soutenez l'indépendance de Next INpact en devenant Premium

  • Tout le contenu de Next INpact sans pub
  • Et bien plus encore...
;