Internet plus sûr, les téléphones portables et les mineurs

Mineurs, avec mobile apparent 53
« L’internet plus sûr », campagne européenne initiée par la Commission, entame une nouvelle étude sur la sécurité. Il s’agit cette fois du téléphone mobile, secteur où la protection des mineurs deviendrait de plus en plus cruciale avec la convergence des technologies.

téléphone On part du constat, que les mineurs, dont les enfants, sont de plus en plus utilisateurs de téléphone portable. Selon une enquête menée en mai 2006, 70% des jeunes âgés de 12 et 13 ans et 23% des enfants âgés de 8 et 9 ans possèdent leur propre téléphone portable. Avec les possibilités d’envois de messages vidéo, de téléchargements, d’accéder à Internet et à des services géolocalisés, voilà autant de portes ouvertes à de possibles abus, pour la Commission.

L’institution lance ainsi une consultation publique sur « les risques potentiels de l’utilisation du téléphone portable par les enfants » (voir la page dédiée). On y indique que des contributions de toutes les parties intéressées sont attendues : associations de protection de l’enfance, de parents ou de consommateurs, d’opérateurs de réseau mobile, de fournisseurs de contenus, de fabricants de téléphones et de réseaux, et de régulateurs.

Ici ce ne sont pas tant les risques pour la santé de ces technologies qui intéressent, thème totalement occulté, mais plutôt le contenu préjudiciable ou illicite, le harcèlement, la « séduction d’enfants » (par exemple, les tentatives d’un inconnu de « devenir l’ami » d’un enfant dans le but de le rencontrer), les menaces sur le respect de la vie privée des enfants et le risque de factures beaucoup plus élevées qu'on ne s'y attend... Quelques exemples de questions ouvertes par cette consultation :

« Quelles mesures recommandez-vous dans les différents domaines mentionnés ci-dessous et pourquoi ? Par qui devraient-elles êtres mises en oeuvre ?
  • 5a) Classification des contenus commerciaux.
  • 5b) « Opt-in /opt out ». L’offre « opt-in » (par laquelle un utilisateur doit demander explicitement à obtenir l’accès vers les contenus adultes, au lieu d’y accéder par défaut) devrait-elle être appliquée dans tous les pays de l’UE ?
  • 5c) Vérification de l’âge: Les Opérateurs de téléphonie mobile devraient-ils mettre en oeuvre une vérification de l’âge de l’utilisateur en « face à face » ? Cette procédure devrait-elle également être appliquée lors de l’achat d’une carte prépayée ?
  • 5d) Système de filtrage et blocage. Les system de filtrages devraient-ils être installés par défaut quand l’abonnement prévoit un accès internet ?
  • 5e) « Chats ». Les espaces de chats accessibles aux enfants devraient-ils être modérés (de façon automatique ou par une personne) ?
  • 5f) Sensibiliser les parents et les enfants.
  • 5g) Proposer des téléphones mobiles spécifiques dédiés aux enfants. Pour quelle tranche d’âge? »
Viviane Reding, membre de la Commission responsable de la société de l’information et des médias explique que plus l’autorégulation sera efficace, moins l’intervention de l’Etat sera nécessaire. Une menace de réglementation en la matière si rien ne bouge ? Cette initiative s’inscrit dans le programme de la Commission « pour un Internet plus sûr », qui fonctionne depuis 1999 (voir également notre actualité). Il vise à mettre à la disposition des parents et des enseignants les connaissances et les outils dont ils ont besoin pour garantir une utilisation sans risque d’Internet.  La consultation actuelle se déroulera jusqu’au 16 octobre 2006.
Publiée le 25/07/2006 à 15:40
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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