Rencontre entre Richard Stallman et Ségolène Royal

Ségo 1, Matignon 0 145
stallmanAlors que Matignon refusait tout entretien à Richard Stallman, Ségolène Royal a rencontré ce 28 juin, le père de la Free Software Foundation. L’entretien entre les deux personnages aura porté sur « l'importance que prend le logiciel dans toutes les activités sociales, culturelles et économiques dans le monde d'aujourd'hui », explique le communiqué.

La quasi-candidate à l’élection présidentielle s’est accordée avec le fondateur du mouvement pour le Libre « sur le caractère primordial des quatre libertés fondamentales qui fondent le logiciel libre : la liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages, la liberté d'étudier et améliorer le programme, la liberté de redistribuer des copies, la liberté de publier ses versions améliorées ». On pourra lire à ce titre l'interview que l'intéressé nous avait accordée voilà peu.

Sur son blog, Désir d’avenir, elle note des idées très en harmonie avec ce mouvement. Ainsi, « les standards ouverts (comme Open Document Format) et le recours aux logiciels libres contribuent à l'indépendance, à la qualité et à l'efficacité des administrations centrales et des collectivités locales. Les développements financés par la puissance publique pour ses propres besoins devraient, de manière générale, être libres » ou encore « les pouvoirs publics, en France et en Europe, devraient promouvoir un cadre juridique qui favorise la liberté d'utilisation des logiciels et la participation des utilisateurs à l'innovation ».

Soulignant l’intérêt pour la recherche, l'innovation et en amont l’éducation, à s'inspirer des concepts issus de ce mouvement, elle appelle les pouvoirs publics à promouvoir le libre accès à l’information scientifique tel que recommandé par la déclaration de Berlin ou le Sommet Mondial de la Société de l'Information.

Frédéric Couchet d’EuCD.info salue de son côté l’engagement, mais il note illico que la conclusion du communiqué reste trop vague. Ségolène Royal estime qu’en consacrant les DRM, le projet de loi DADVSI va dans la mauvaise direction. « Il faudra donc remettre à plat le cadre juridique créé par la loi DAVDSI au niveau français et contribuer à l'élaboration d'un cadre juridique européen et international plus favorable à la circulation des oeuvres et des connaissances ». Tout serait ainsi joué pour le personnage politique ? Quelle sera donc la position de l’intéressée ce vendredi ? « On aurait aimé une prise de position claire et nette sur son vote ».

« C'est la première fois qu'un candidat prend position en reprenant explicitement l'enoncé des quatres libertés du logiciel libre. C'est aussi la première fois qu'un candidat fait référence au Sommet Mondial sur la Société de l'information. Il y a donc des aspects qui sont extrêmement positifs »  a tenu à nous préciser Francis Muguet, coordinateur des groupes de travail sur l'information scientifique et sur les brevets et droits d'auteur au sein du SMSI, et organisateur de cette rencontre. « S’agissant de la journée de vendredi, on pourra d’ores et déjà regretter l’absence d’une procédure de vote électronique des députés et d'un système de "télétravail" législatif à l'heure de la société de l'information » (Francis Muguet tient à préciser que le vote électronique des citoyens est un autre débat  dans un contexte matériel différent, notamment concernant les fraudes possibles).
Par Marc Rees Publiée le 29/06/2006 à 10:42