Des précisions sur l'usage du français dans les logiciels

My taylor is pauvre 173
drapeau franceEn informatique aussi, la langue de Molière l’emporte sur celle de Shakespeare, du moins c'est ce que souhaitent certains politiques. Un député s’est ainsi inquiété auprès du ministre de la Culture que l’on puisse acheter des programmes sur le Net « mais il n'est jamais indiqué que pour certains programmes toutes les instructions sont rédigées en américain ». Du coup, le piège se referme rapidement sur qui ne maîtrise pas la langue et installe ses programmes du mieux qu'il le peut. « Dans un cas sur deux, il lui est conseillé de désinstaller son programme, car le client a pu faire une mauvaise manipulation et de le réinstaller. Cependant, à chaque fois il perd une possibilité d'installation et, n'ayant droit qu'à trois essais, le programme ne peut être réinstallé bien qu'ayant été payé par carte bancaire, et le client se retrouve avec un CD inutilisable. » Un cas pour le moins curieux, ce type d’incident étant plutôt fréquent en matière de version d’essais, non de versions complètes, mais qu’importe : le député réclame que des obligations franches soient posées en la matière.

Le ministre de la Culture et communication, Renaud Donnedieu de Vabres profite du moment pour rappeler quelques règles de base : la loi du 4 août 1994 sur à l'emploi de la langue française rend obligatoire l'emploi de notre langue « dans la désignation, l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service », dès sa commercialisation en France. Une disposition qui devrait être étendue à la publicité par voie électronique suite à une autre loi en gestation.

Le ministre rappelle encore que selon la circulaire appliquant la loi de 1994, « les modes d'utilisation intégrés dans les logiciels d'ordinateurs et comportant des affichages sur écran ou des annonces sonores sont assimilés à des modes d'emploi » et doivent dès lors être rédigés dans notre langue. Il est souligné enfin que la DGCCRF effectue des vérifications périodiques en la matière, avec rapport à la clef… Un service spécifique de la direction de la répression des fraudes, le centre de surveillance du commerce électronique (CSCE), situé à Morlaix, effectue des contrôles sur le net et peut être saisi par un consommateur en cas de litige. Voilà pour la théorie, car en pratique, reconnaît le ministre, ces contrôles « trouvent néanmoins leurs limites lorsque le siège social de la société auprès de laquelle se fournit l'internaute est en dehors du territoire national ». Un problème que soulevait justement le député.

Pour mémoire, une proposition de loi est toujours dans les couloirs du Sénat veut encore franciser tous les messages délivrés par voie électronique et en premier lieu les messages d'erreur. Avec elle, la fameuse « Error 404 » pourrait être has been et surtout illégale, remplacée alors par « Erreur 404 » conforme et limpide pour l’usager. Les messages systèmes eux, pourraient rester en anglais « dès lors que les messages en question présenteraient une dimension hautement technique et ne s'adresseraient, en pratique, pas à l'utilisateur final, mais à un professionnel de l'informatique, pour le guider dans la restauration du système ». Le contenu des BSOD est sauvé !
Par Marc Rees Publiée le 22/06/2006 à 10:04 - Source : B.Tabaka
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