FlexiSpy, un espion vendu pour téléphone portable

Espion mais pas trop 26
Quelques problèmes de confiance dans votre couple, entreprise ou dans votre cercle d’amis ? Une société, Vervata, propose à la vente FlexiSpy, logiciel qui secrètement enregistre le contenu des SMS et le journal des appels. Pour 49,95 dollars (un peu moins en euros), il exige Symbian (Séries 60) comme le Nokia N80, E70, le Samsung SGH D730, le Siemens SX1 (voir la liste complète). Des versions pour PocketPC et Blackberry seraient en gestation.

Evidemment, pour justifier moralement cette solution, l’éditeur met en avant plusieurs motifs plus ou moins nobles : la protection de ses enfants, l’archivage de l’ensemble de ses SMS « pour le futur », la vérification de ses factures, la lecture des SMS de son partenaire, sans plus de détails. L’installation se fait en se connectant sur le site depuis son téléphone et en procédant au téléchargement, après délestage de la cinquantaine de dollars. Les données collectées sont alors enregistrées dans un fichier et envoyées sur le serveur de la société, à l’abri et dans l’attente de leur récupération par le client-espion.

Une version estampillée « Pro » est en préparation. Plus chère, elle devrait permettre en outre d’enregistrer les conversations. En activant les fonctions micro sur le portable, elle procédera à l’enregistrement des paroles, fixées dans un ficher, et stockées sur les serveurs de Flexispy. Le logiciel prendra également en charge les mails et autres activités sur le web depuis un PC.

flexispy

Evidemment, une querelle sémantique a pris racine sur cette solution, terreau de tous les abus. F-Secure, depuis son blog, considère sans mal qu’il s’agit d’un cheval de Troie, malware commercialisé pour de vils intérêts commerciaux. La société d’antivirus, qui souligne bien qu’elle a ajouté le canasson dans sa propre base commerciale, précise que l’installation de Flexispy est discrète, l’application est totalement cachée des yeux de l’usager, rendant possibles tous les abus. De même, alors qu’un grand nombre de pays considère comme illégal l’espionnage, en hébergeant les données glanées, la société se place dans une position bien délicate.

Cette dernière n’a que faire de ces critiques : « Flexispy n’est ni un Trojan ni un virus, soutient-elle, et ne requiert pas l’achat d’une licence de F-Secure Mobile Antivirus pour être désinstallée, puisqu’une option de désinstallation est proposée au client ». L’éditeur prétend en outre que son application est loin d’être un cheval de Troie, selon sa propre définition (contestable) : « Il surveille en étant consciemment installé par quelqu’un qui sait exactement ce que fait ce logiciel. Il ne se réplique pas de lui-même (NDLR : ce n’est pas un critère), ne prétend pas être quelque chose qu’il n’est pas, et il exige toujours l'action humaine consciente pour l'installation. » On laissera évidemment la société responsable de ses analyses...
Publiée le 03/04/2006 à 12:11 - Source : Branchez-Vous
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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