DADVSI : réaction de l'hébergeur OVH... et du monde Mac

Des serveurs pour payer l'addition ? 183
Vendredi, nous vous indiquions comment un hébergeur envisageait le grand nettoyage de ses serveurs pour cause de loi DADVSI. OVH, la société en question, a décidé qu’en tant que miroir de sourceforge (sf.net), de retirer de ses disques le logiciel P2P Emule. La loi DADVSI, avec l'amendement Vivendi Universal, sanctionnera de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende le simple fait de proposer un logiciel « manifestement destiné » à la mise à disposition non autorisée d’œuvres protégées. OVH recommande en outre à tous ses clients de faire un ménage similaire, une fois la loi entrée en application.

Contacté, l’administrateur d’OVH nous a expliqué qu’il s’agit là de montrer que cette loi, qui vient seulement d'être votée et n'est pas encore appliquée, « aura un impact sur les habitudes qu'on a aujourd'hui à vivre tous les jours avec l'internet, un impact au mauvais sens du terme. » Et l’intéressé de nous souligner que par exemple via des messageries instantanées (de type MSN, ICQ, GTALK), on peut échanger les fichiers. On peut aussi échanger via les serveurs IRC, FTP, puis bien sûr le WEB. « A quel niveau, la loi s'arrête-t-elle ou ne s'arrête-t-elle pas ? Et tout simplement, où doit-on stopper la communication via l'Internet ? »

Des questions cruciales, voire quasi métaphysique pour un hébergeur de données, qui doivent en fait se poser chez tous les sites internet, blog et forums de discussions en ligne par exemple : le couperet de l’amendement Vivendi Universal pourra tomber au moindre lien de téléchargement vers telle solution de P2P considérée comme « manifestement destinée » à la mise à disposition non autorisée d’œuvres protégées.

On notera qu’en parallèle à cette action, une partie de la communauté Mac francophone se mobilise pour dire « non à la loi DADVSI » ce lundi, pour une durée de 24 heures. « [le site] est fermé pour protester contre le vote de la loi DADVSI par l'assemblée nationale mardi dernier. Les logiciels libres, les webradios, les échanges légaux sur Internet, les plateformes légales de musique en ligne, la copie privée, voilà seulement quelques exemples des secteurs qui vont être touchés par cette loi. Nous avons l'impression que le gouvernement a cédé sous la pression des majors au détriment de l'utilisateur, nous souhaitons donc manifester, à notre façon, notre mécontentement. Nous pensons néanmoins que la proposition d'interopérabilité des DRM serait une bonne initiative si elle était appliquée à tous les acteurs du marché de la musique en ligne » note ainsi Macbidouille ou encore MacTouch, deux sites parmi d'autres dans ce mouvement.
Publiée le 27/03/2006 à 11:46
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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