Canada : prime de 500 dollars par pirate du cinéma arrêté

Milice-moi enquêter ! 144
Fightfilmtheft.org est une nouvelle initiative symptomatique en matière de lutte contre le « piratage » dans les salles de cinéma. Afin d’empêcher les captations par différents moyens (téléphones avec caméra, caméscope numérique, appareil photo numérique, etc.), l’Association des propriétaires de cinémas du Canada met sur pied un programme de récompense. L’offre n’est pas maigre puisque le « reward » peut s’élever jusqu’à 500 dollars canadiens (360 €) lorsqu’un employé d’une salle saura détecter un tel dispositif et en fera part immédiatement à la police. « Soyez aux aguets » note l’industrie du cinéma canadien estimant que « en un temps record, les pirates ayant accès à cette copie « maîtresse » la revendent à des manufactures illégales qui les reproduisent à la chaîne, les emballent et les expédient pour la vente sur le marché noir. Les petits distributeurs les offrent alors à travers le pays et même le monde. Les copies illégales de films se retrouvent dans les marchés aux puces et sur la rue, sur les sites d'enchères par Internet ou sur des sites web quelques jours seulement après leur sortie en salle. » Sûre d’elle, l’Association estime que contrairement à ce que l'on peut penser, ses enquêtes tendent à montrer que « les profits illégaux tirés du piratage se retrouvent souvent entre les mains de groupes criminels organisés et de gangs de rue, pas chez de petits vauriens inoffensifs. »

cinemaAfin de détecter le bon client du cinéma du vil pirate, l’APCC donne un portrait quasi-robot des attitudes louches, dans un manuel du parfait enquêteur anti-pirate. D‘abord, ces indices se manifestent toujours lors des premières représentations ou des films à gros budgets. Les représentations tardives ou en matinée sont toujours préférées, simplement car « les pirates pensent être plus tranquilles pour commettre leur offense dans une salle presque vide, et ils courent moins de risques d'avoir beaucoup de bruit de fond. A vous de profiter d'une meilleure visibilité ! » Ensuite le petit traité de criminologie passe au concret : surveiller les reflets lumineux (témoin d’enregistrement sur le caméscope, par exemple ). Se méfier des dispositifs pour malentendants, car certains pirates se branchent dans la prise d'aide aux malentendants de certaines salles, pour fixer un son sans interférence. « Surveillez particulièrement les gens qui demandent ces dispositifs. » De même, les manteaux en été peuvent cacher bien des choses, surtout si leur porteur a une « façon suspecte de s'asseoir dans le cinéma ».

« Les pirates cherchent à se placer au centre de la salle, et sont la plupart du temps regroupés afin de dissimuler les gestes de celui (celle) qui tient la caméra. » Mais ce n’est pas tout : « Essayez de dépister les gens qui, sans être des employés du cinéma, entrent et sortent de la salle du projectionniste » ou encore « soyez vigilant envers les clients qui réservent une salle complète pour projection privée lors de la sortie de nouveaux gros titres. » Etc.

Une fois arrivée aux termes de l'enquête, l’antenne canadienne de la MPAA demande à l’employé, dans l'ordre : d’aviser le gérant, d’appeler la police, de tenter d' interrompre ou de faire obstacle à l’enregistrement sans toucher au suspect ou à la caméra, lui demander de quitter la salle et d’attendre la police, lui demander son identité, pièces à l’appui, faire une description physique du quasi prévenu. L'employé doit alors demander la remise cette fois de la caméra et l’enregistrement, et le tout sans mettre en péril sa propre sécurité, bien évidemment...
Par Marc Rees Publiée le 15/03/2006 à 09:23 - Source : Branchez-Vous
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