La Commission Européenne vs Microsoft, enième round

OK ou KO ? 41
Dans l’échange de correspondance à la sauce aigre-douce sur le dossier antitrust contre Microsoft, Redmond a donc envoyé 10 heures avant la date butoir, un rapport confidentiel de 75 pages à la Commission Européenne. La missive correspond à la réponse formelle de l’éditeur aux différentes questions posées par l’organe européen. Ces documents intègrent spécialement deux rapports d'expertise établis par des cabinets qualifiés « d’indépendants », et affirmant que les données fournies jusqu’alors par Microsoft étaient complètes et adaptées. MS a réitéré que « des centaines d'employés de Microsoft et de contractuels ont travaillé pendant plus de 30.000 heures pour créer plus de 12.000 pages de documentation technique qui sont disponibles aujourd'hui sous licence. »

Laissant l’humilité sur le paillasson, Microsoft ajoute que « La Commission a ignoré des preuves cruciales dans sa hâte à attaquer le respect des exigences, selon une réponse formelle déposée par Microsoft aujourd'hui ». L’éditeur profite même du moment pour remettre en cause les conclusions faites par l’expert M. Barrett, pourtant choisi par ses soins, et qui avait estimé les informations fournies jusqu’alors par MS comme « inadaptées » et « totalement insuffisantes. »

Afin de bien rappeler les règles entre celui qui enquête et celui est interrogé, la Commission a précisé dès réception que « c'est bien sûr [elle] qui décidera si Microsoft s'est conformée à la décision de mars 2004, et non Microsoft. » Il est demandé depuis des années à Microsoft de fournir un ensemble de documents nécessaires à assurer l’interopérabilité avec les produits concurrents, sous menace d’une astreinte de 2 millions d’euros par jour de retard. Avant le couperet éventuel, la procédure devrait se poursuivre par une audience orale de Microsoft devant la Commission.
Par Marc Rees Publiée le 17/02/2006 à 09:52 - Source : Multiples
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